Cyber@ction (208) : Monsant’OGM

Comme vous le savez, le gou­verne­ment a renon­cé à soumet­tre à l’Assemblée nationale la loi OGM visant à trans­pos­er la direc­tive 2001 – 18.

Organismes génétiquement modifiés... Planète en danger !

C’est en effet dif­fi­cile de se lancer à quelques semaines des élec­tions dans un com­bat aus­si impop­u­laire dans l’opinion publique (86% des français hos­tiles aux OGM).

Mais ce qu’il ne veut pas soumet­tre au débat pub­lic, le gou­verne­ment se pré­pare à l’imposer dans les prochains jours par décret, pour répon­dre en par­tie aux injonc­tions de la com­mis­sion européenne.

Le con­tenu de ces décrets n’est pas encore con­nu dans le détail, mais ils seront encore plus lax­istes et favor­ables aux OGM que la loi votée par le Sénat en mars : irre­spon­s­abil­ité civile et finan­cière totale des semenciers en cas de dis­sémi­na­tion, et info min­i­male des pop­u­la­tions. Les trans­génicul­teurs, (qui en veu­lent tou­jours plus !) ont com­mencé une cam­pagne de lob­by­ing pour que la local­i­sa­tion des par­celles cul­tivées ne soit pas inscrite sur le reg­istre (cf. cour­ri­er de Mon­san­to). Il est donc urgent de réa­gir, à la fois pour dénon­cer ce pas­sage en force, et pour con­tr­er l’offensive de Mon­san­to.

Deux actions com­plé­men­taires peu­vent être util­isées, le plus vite pos­si­ble : faire con­naître le plus large­ment pos­si­ble et notam­ment auprès de la presse, le pro­jet du gou­verne­ment qui vise à priv­er le Par­lement du débat sur les OGM (et per­met ain­si d’éviter aux can­di­dats aux lég­isla­tives d’avoir à se pronon­cer), faire part aux des­ti­nataires de l’action de lob­by de Mon­san­to votre point de vue.

Vous trou­verez sur le forum de Cyber@cteurs le cour­riel de Mon­san­to à ses affidés (Mon­san­to, de vous à moi, LETTRE D’INFORMATIONS MONSANTO — FÉVRIER 2007 — N° 13), et ci-dessous un mod­èle de let­tre à per­son­nalis­er et à faire par­venir aux des­ti­nataires de Mon­san­to (liste ci-dessous).

Dominique Plancke, Les Faucheurs Volon­taires, Alain Uguen, Asso­ci­a­tion Cyber@cteurs.

(mes­sage à faire cir­culer sans lim­i­ta­tion)

- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous et adressez votre mes­sage aux adress­es suiv­antes :
raphael.alomar@elysee.fr ; cyberacteurs@wanadoo.fr

Madame, Mon­sieur,

Je viens de pren­dre con­nais­sance de la péti­tion “Trans­parence totale : atten­tion dan­ger” ini­tiée par “un groupe d’agriculteurs” et la firme Mon­san­to, des­tinée à attir­er votre atten­tion sur les dan­gers que représen­teraient la pub­li­ca­tion des noms des agricul­teurs et leur adresse exacte et de la local­i­sa­tion de leurs par­celles selon ce que devrait exiger le Reg­istre des cul­tures OGM.

Selon la let­tre d’informations de Mon­san­to de Févri­er 2007 N° 13, inti­t­ulée “Mon­san­to, de vous à moi”, “le gou­verne­ment prévoit de pub­li­er rapi­de­ment des décrets pré­cisant les con­di­tions d’utilisation des cul­tures géné­tique­ment mod­i­fiées, en par­ti­c­uli­er du maïs Bt résis­tant à la pyrale”.

Per­me­t­tez-moi de m’indigner en pre­mier lieu qu’une telle déci­sion puisse être prise par décrets en l’absence de tout débat démoc­ra­tique : cette déci­sion est con­traire au refus de 86% (dernier sondage) des Français de voir des cul­tures géné­tique­ment mod­i­fiées se dévelop­per dans notre pays. Il est tout à fait inad­mis­si­ble que des décrets vien­nent ren­dre ces cul­tures pos­si­bles pour une poignée d’agriculteurs, con­tre l’avis majori­taire de la pop­u­la­tion qui subi­ra le préju­dice de la dis­sémi­na­tion. Con­traire­ment à ce qu’affirme ARVALIS, cette dis­sémi­na­tion par les pol­lens de maïs Bt est en effet avérée d’après les études de dif­férents sci­en­tifiques.

Ces agricul­teurs recon­nais­sent que cette pub­li­ca­tion “pour­rait entraîn­er des vio­lences et des destruc­tions de cul­tures”. Ils ont donc bien con­science du fait que leur volon­té de cul­tiv­er des OGM s’oppose à celle de la pop­u­la­tion. Pour extor­quer ce droit à pol­luer l’environnement en toute impunité et con­fi­den­tial­ité, ils n’hésitent cepen­dant pas à désign­er cette oppo­si­tion comme le seul fait “d’extrémistes anti-OGM”.

Madame, Mon­sieur, je vous pose la ques­tion : “Qui sont les extrémistes ?” Ceux qui ten­tent par leurs actions de pro­téger les exploita­tions des agricul­teurs qui n’ont pas fait le choix des OGM et désirent garder leur pro­duc­tion con­ven­tion­nelle ou biologique exemptes de traces d’OGM, ou bien ceux qui agres­sive­ment leur IMPOSENT les OGM ? Car nous ne par­lons pas ici de pro­duc­tion inerte mais de pro­duc­tion vivante à même de se repro­duire toute seule et il n’existe aucuns moyens (sauf imag­i­naires sur le papi­er) de se pro­téger de la con­t­a­m­i­na­tion. Il s’agit donc bien d’une agres­sion des plus vio­lentes, à laque­lle les mil­i­tants anti-OGM répon­dent avec les moyens à leur dis­po­si­tion après avoir épuisé tous les recours admin­is­trat­ifs pos­si­bles.

Il s’agit donc d’un con­flit car­ac­térisé entre l’intérêt général — celui de la bio­di­ver­sité, des pro­duc­teurs non-OGM, des con­som­ma­teurs — et l’intérêt privé com­mer­cial de quelques agricul­teurs. Je vous rap­pelle que le droit français fait pré­val­oir l’intérêt général sur l’intérêt privé et que la Charte de l’Environnement adossée à la Con­sti­tu­tion stip­ule en son arti­cle 2 que “toute per­son­ne a le droit et le devoir de pren­dre part à la préser­va­tion et à l’amélioration de l’environnement”. Le tri­bunal cor­rec­tion­nel d’Orléans a d’ailleurs tiré les con­séquences de ce nou­veau devoir juridique en relax­ant les faucheurs en pre­mière instance.

Je vous rap­pelle égale­ment que la dis­sémi­na­tion des OGM de part le monde donne lieu à des crises économiques très graves : plus de 300 plaintes ont été déposées par les riz­icul­teurs états-uniens suite à la pol­lu­tion de leur riz par la var­iété GM non autorisée Ll601 de Bay­er (même si une autori­sa­tion rétroac­tive a été accordée, les con­som­ma­teurs n’en veu­lent pas), le cours du riz a bais­sé de 15% entrainant une détresse majeure dans le secteur. Les péti­tion­naires ne défend­ent que leur intérêt com­mer­cial à court terme (pour des ventes que seule l’Espagne con­sent à leur acheter) sans réalis­er qu’ils sont en train d’initier pour eux-mêmes et pour les autres agricul­teurs des crises majeures à moyen et long ter­mes. Tous les dis­cours rel­a­tivistes pré­ten­dant qu’il est pos­si­ble d’instaurer une coex­is­tence rationnelle entre cul­tures GM et cul­tures non-GM sont con­stam­ment démen­tis par les faits.

Aus­si si vous deviez accéder à la demande explicite des péti­tion­naires de dis­simuler leurs noms et adress­es et la local­i­sa­tion de leurs par­celles, afin de ne pas s’exposer à la juste défense de l’intérêt général, Madame, Mon­sieur, je vous tiendrais pour per­son­nelle­ment respon­s­able d’une atteinte grave à mon droit d’être infor­mée et à l’intérêt général et j’entreprendrais toutes les démarch­es néces­saires pour que vous deviez ren­dre compte publique­ment de cette déci­sion.

Je suis néan­moins per­suadé que vous avez à cœur la préser­va­tion de l’intérêt général et ne souscrirez pas à la démarche scan­daleuse des péti­tion­naires, telle­ment préoc­cupés de défendre leur intérêt com­mer­cial qu’ils ne réalisent pas qu’ils sont en train de com­pro­met­tre leur pro­pre activ­ité, la bio­di­ver­sité, l’activité de leurs con­frères et d’atteindre au droit légitime du con­som­ma­teur d’accéder à une nour­ri­t­ure exempte d’OGM.

Veuillez agréer, Madame, Mon­sieur, l’expression de mes sincères salu­ta­tions.

Cette cyber@ction est aus­si signable en ligne où elle per­met d’envoyer le texte à tous les des­ti­nataires util­isés par Mon­san­to : Asso­ci­a­tion Cyber@cteurs.


Auteur : Lafontanelle

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1 réflexion sur « Cyber@ction (208) : Monsant’OGM »

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