La vraie rupture dont nous aurions besoin !

C’est l’évènement plané­taire de cette semaine passée et s’il faut chercher une rup­ture dans la poli­tique actuelle, elle est bien là, out­re-atlan­tique, dans l’élection de Barack Oba­ma.

Chez nous, la rup­ture promise juste­ment, celle prônée par l’Agité de l’Élysée depuis qu’il se rase, avec son bling-bling strass, pail­lettes et talon­nettes, est à l’antipode de cette volon­té de jus­tice sociale et d’union nationale qui a porté un Noir à la tête d’un pays qui pra­ti­quait encore la ségré­ga­tion raciale il y a quar­ante ans.

Comme vous pour­rez l’entendre dans le mon­tage qui suit, cette page-là sem­ble défini­tive­ment tournée, en témoigne l’émotion du révérend Jesse Jack­son pour qui les pre­miers mots de prési­dent élu de Barack Oba­ma ont dû réson­ner pro­fondé­ment : “Il n’y a pas une Amérique de gauche, une Amérique de droite, il y a les États-Unis d’Amérique ! Il n’y a pas d’Amérique noire, d’Amérique blanche, d’Amérique lati­no, d’Amérique asi­a­tique, il y a les États-Unis d’Amérique !”

Passées la séquence émo­tion et les courbettes baveuses de Jean-François Copé, force est de con­stater que Speedy-Sarko, telle­ment Hon­grois qu’il est prési­dent mais il ne l’est pas, telle­ment il brasse du vent en nous par­lant qu’il nous enrhume, ce traître aux dents longues depuis la course prési­den­tielle Bal­ladur-Chirac de 1995, ce type-là donc n’a rien à voir, et surtout pas la stature d’homme d’État, avec Barack Oba­ma.

Quand ce dernier réu­nit et rassem­ble au soir de son élec­tion, le petit Napoléon n’a fait que divis­er pour mieux régn­er depuis qu’il est élu. L’ouverture sarkozi­enne à dimen­sion vari­able ne fait plus illu­sion, pas plus que sa capac­ité à nous léguer un monde meilleur. Pour­tant…

L’Amérique met l’Europe au défi de rêver”*

L’urgence est là, omniprésente, vis­i­ble de tous !

Les crises écologique, sociale, ali­men­taire, énergé­tique, économique, finan­cière con­ver­gent en une crise glob­ale, chaque jour plus pro­fonde, chaque jour plus vio­lente.

Elle con­t­a­mine la planète, acca­ble les plus faibles, n’épargne plus per­son­ne. La recherche du tou­jours plus de prof­its pour quelques uns entraîne plus de pré­da­tions, de pol­lu­tions, de pénuries, de cor­rup­tions, de guer­res, d’inégalités pour tous les autres.

Notre con­som­ma­tion effrénée de ressources naturelles dépasse aujourd’hui de 40% la capac­ité de la planète à se régénér­er. La diver­sité du vivant décline. Les réfugiés cli­ma­tiques se bous­cu­lent aux fron­tières. Le cap­i­tal­isme financier a spéculé sur l’endettement des plus pau­vres, con­tribuant à la réces­sion économique et à la régres­sion sociale. Les pays rich­es, prompts à injecter plus de 2000 mil­liards d’euros dans le sys­tème financier pour le sauver de ses out­rances, refusent de mobilis­er le vingtième de cette somme pour que cesse l’horreur, toutes les cinq sec­on­des, d’un enfant qui meurt d’être pau­vre. Ces « dettes » là, comme l’emballement cli­ma­tique ou la dis­pari­tion de mil­liers d’espèces, sont autrement effroy­ables et irréversibles.

Ce mod­èle de crois­sance à crédit est con­damné. Nous en avons chaque jour une preuve sup­plé­men­taire. Il avance à l’aveugle, sans vision col­lec­tive.

Pour en chang­er, il faut agir ! Nous devons agir ! Cha­cun peut agir !

C’est désor­mais l’impératif écologique et social qui doit guider nos choix poli­tiques. Une économie de l’intelligence, créa­trice de richesse partagée et de mil­lions d’emplois, doit rem­plac­er l’économie de la rente, du pro­duc­tivisme et de la sur­con­som­ma­tion, que défend une coali­tion d’intérêts privés et poli­tiques. La régu­la­tion au ser­vice de tous doit rem­plac­er le laiss­er-faire au prof­it de quelques uns.

Notre respon­s­abil­ité indi­vidu­elle et col­lec­tive est engagée. Nous ne par­tons pas de zéro. De nom­breuses luttes ont été menées et ont per­mis des avancées. Mais seule une mobil­i­sa­tion générale per­me­t­tra de s’opposer effi­cace­ment à l’épuisement de notre planète et à sa con­séquence, l’affaissement de l’humanité. La trans­for­ma­tion de nos sociétés vers un mieux-être col­lec­tif est pos­si­ble car les solu­tions exis­tent. Ni demain, ni peut-être, mais main­tenant !

Nous voulons, ensem­ble, con­stru­ire ce nou­v­el espace poli­tique autonome, autour des listes Europe Écolo­gie en vue des élec­tions européennes de juin 2009.

- Un espace ouvert à toutes celles et à tous ceux qui refusent la fatal­ité et l’immobilisme, les querelles de bou­tique et les pos­tures par­ti­sanes quand l’essentiel est en jeu, c’est-à-dire les con­di­tions de vie, de tra­vail, d’alimentation, de san­té, de paix entre les hommes et la préser­va­tion de la bio­di­ver­sité ;

- Un espace ouvert à toutes celles et à tous ceux qui croient en un pro­jet européen démoc­ra­tique, respectueux des citoyens, de l’environnement, des ter­ri­toires, de la diver­sité cul­turelle, des droits fon­da­men­taux et des lib­ertés indi­vidu­elles et qui s’oppose sans relâche aux dérives libérales ;

- Un espace ouvert à toutes celles et à tous ceux prêts à défendre les valeurs de régu­la­tion et de sol­i­dar­ité, de mod­éra­tion et de partage ;

- Un espace ouvert à toutes celles et tous ceux qui sont impa­tients de bâtir une alter­na­tive écologique, con­di­tion indis­pens­able à la jus­tice sociale et au mieux vivre-ensem­ble ;

- Un espace ouvert à toutes celles et à tous ceux qui veu­lent don­ner une vision et une âme à l’Europe, notre mai­son com­mune, pour en faire le levi­er d’une autre mon­di­al­i­sa­tion, au ser­vice de la paix, et qui laisse toute leur place aux pays du Sud.

Ce défi, nous, citoyennes et citoyens con­scients et act­ifs, mil­i­tantes et mil­i­tants asso­ci­at­ifs, syn­di­caux et poli­tiques, c’est avec vous que nous voulons, que nous pou­vons le relever.

L’Europe est le seul espace poli­tique à la hau­teur des enjeux, investis­sons-le, car l’Europe sera ce que nous en fer­ons !”

* Source : “L’Amérique met l’Europe au défi de rêver”, Daniel Cohn-Ben­dit. Appel au rassem­ble­ment : Europe Écolo­gie


Auteur : Lafontanelle

Hylotrupes bajulus les soirs de pleine lune...