Les Nouvelles Vénitiennes (11) : Les aléas della aventura…

Les Nouvelles Vénitiennes

La famille Franchet­ti est fort hon­or­able­ment con­nue des Véni­tiens, notam­ment parce que le baron Gior­gio restau­ra à grands frais puis fit don à l’État, mobili­er com­pris, de la Ca’ d’Oro, somptueux palais du XVe siè­cle qui domine le Grand Canal. Ses mar­bres poly­chromes de la façade furent un temps enrichis de dorures et l’ensemble dégage un charme ori­en­tal des plus raf­finés.

Venise - Ca' d'Oro
Venise — Ca’ d’Oro

Cette famille juive, orig­i­naire de Man­toue, compte un autre per­son­nage haut en couleurs, l’aventurier Rai­mon­do (1889 – 1935). Il sil­lon­na le monde sans répit, des Rocheuses à la mer de Chine et en Afrique.

La seule par­en­thèse dans sa vie d’explorateur paten­té est liée à son engage­ment mil­i­taire pen­dant la Pre­mière guerre mon­di­ale où il fit preuve, bien sûr, d’un courage exem­plaire.

Les aléas della aventura…

Il avait à peine vingt ans lorsqu’il s’embarqua sur un bateau con­t­a­m­iné par la peste ; l’explorateur fut aban­don­né comme le pre­mier Robin­son venu sur une île de Malaisie. Il vécut un an au milieu d’une tribu de Pyg­mées. On le crut mort. Il fut retrou­vé, par le plus grand des hasards, par une mis­sion­naire anglaise.

Les dessous de l’Histoire ne dis­ent pas quelle sage posi­tion il adop­ta pour que lui naisse une fille à laque­lle il don­na le nom d’un lac éthiopi­en, Afdera. Celle-ci épousera plus tard l’acteur Hen­ry Fon­da.

Rai­mon­do entre­prit de mémorables expédi­tions africaines, en par­ti­c­uli­er sur les traces de l’explorateur Guili­et­ti, mas­sacré par les Afars. Il nous laisse un réc­it de ce des­tin lui aus­si hors du com­mun : « Nel­la Dan­calia etiopi­ca ».

Il mou­rut comme il avait vécu, avec une aura de mys­tère et d’improbable défié. L’aventurier dis­parut dans un acci­dent d’avion, en com­pag­nie du gou­verneur hon­o­raire de l’Érythrée, alors colonie ital­i­enne. Il ten­tait d’éviter la guerre en trai­tant avec le Négus. Mus­soli­ni ne l’entendait pas ain­si. Le duce mit la main sur l’Éthiopie mal­gré les protes­ta­tions des puis­sances colo­niales français­es et anglais­es asso­ciées à la Société des Nations, “bid­ule”, ancêtre du “Machin” onusien. De là à penser que Mus­soli­ni n’était pas étranger, d’une façon ou d’une autre, à ce crash aérien…

« Les aléas del­la aven­tu­ra… », onz­ième épisode des Nou­velles véni­ti­ennes de Maître Renard.
 — Lire la nou­velle précé­dente : Hauts les masques !
 — Lire la suite : Calle larga dei Prover­bi (Rue longue des Proverbes).


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