Non à la prescription des crimes sexuels commis sur les enfants !

Manuel d'incivilités

La pre­scrip­tion, c’est le délai au-delà duquel il n’est plus pos­si­ble de porter l’action en jus­tice. Pour les crimes sex­uels les plus graves au sens de la loi, tels que vio­ls, ce délai est actuelle­ment de 10 ans après la majorité de la vic­time, 20 lorsque le crime est com­mis par un ascen­dant ou un proche.

Les raisons de vouloir l’imprescriptibilité :

  • Un crime con­tre l’humanité qui se con­stru­it dans le corps et le psy­chisme frag­ile d’un enfant est un crime con­tre l’humanité tout entière.
  • La révéla­tion de l’abus se fait dans l’immense majorité des cas très tar­di­ve­ment, seul un infime pour­cent­age des crimes sex­uels com­mis sur des enfants est jugé (moins de 1%) en rai­son de la pre­scrip­tion qui équiv­aut à une qua­si impunité des criminels.
  • La recon­struc­tion de la vic­time, quel que soit le temps écoulé, passe par la recon­nais­sance de ce qu’elle a subi et la désig­na­tion du crim­inel qui doit être puni.
  • Parce que l’imprescriptibilité, dans la men­ace qu’elle con­stitue pour les abuseurs, pro­tègera des enfants.
Non à la prescription des crimes sexuels
Non à la pre­scrip­tion des crimes sexuels

Non à la prescription des crimes sexuels !

L’abus sex­uel com­mis sur un enfant va bien au-delà d’un trau­ma­tisme physique immé­di­at. C’est tout son psy­chisme en pleine édi­fi­ca­tion qui est dévasté. L’abus sex­uel exerce des rav­ages souter­rains à long terme, dont les réper­cus­sions sont innom­brables sur la san­té, l’affectivité et le devenir de la vic­time. L’abus sex­uel s’accompagne d’un abus de pou­voir, d’un abus de con­fi­ance, et empris­onne la petite vic­time dans une vio­lence psy­chique inouïe.

Honte, cul­pa­bil­ité, doute, sen­ti­ment de souil­lure, angoisse, perte de l’estime de soi, pren­nent toute la place. L’enfant ne se sent plus en sécu­rité et il red­oute que cela recom­mence. Les fonde­ments de sa con­fi­ance en l’adulte et en le monde sont détru­its. Sou­vent, pour sur­vivre dans cette sit­u­a­tion, l’enfant se coupe de ses sen­sa­tions et se dis­so­cie. L’amnésie post-trau­ma­tique lui per­met de sur­vivre, l’abus est enfoui, refoulé durant des années, des décen­nies, mais jamais effacé.

Des dommages irréversibles

En pro­fondeur les rav­ages ne s’arrêteront pas aux seules atteintes subies par son corps. Des états dépres­sifs s’installent ; beau­coup, même, envis­agent le sui­cide. L’anxiété, l’inadaptation vécues au quo­ti­di­en, l’impossibilité de se déten­dre, de vivre pleine­ment ses émo­tions, que ce soit de la joie ou de la peine, des dif­fi­cultés rela­tion­nelles majeures, et fréquem­ment, plus tard, l’incapacité de con­naître une rela­tion amoureuse épanouie et de con­stru­ire une vie de cou­ple. Divers prob­lèmes de san­té survi­en­nent, qui peu­vent per­sis­ter tout au long de la vie d’adulte : dépres­sion, insom­nie, cauchemars, pho­bies, incon­ti­nence, dépen­dances (alcool, drogues…), trou­bles des con­duites ali­men­taires (anorex­ie ou boulim­ie), muti­la­tions, con­duites auto-destructrices…

Et puis il y a celles et ceux qui sem­blent fonc­tion­ner nor­male­ment mais sont pris­on­niers de leur secret, dans une cru­elle soli­tude, se pro­tégeant tant bien que mal der­rière une image qui ne cor­re­spond pas à leur réal­ité : une enfance brisée. La plu­part des abus ne se révèleront que bien plus tard, le plus sou­vent après des années voire des décen­nies, lorsque la vic­time dev­enue adulte aura, enfin, un inter­locu­teur de con­fi­ance et les moyens d’exprimer l’indicible.

Bandeau antipédophile
Ban­deau antipédophile

Pourquoi refuser la prescription des crimes sexuels ?

  • Parce que l’amnésie ou le déni est la seule réponse de survie à l’horreur de l’abus sex­uel. Et que ce refoule­ment dans l’inconscient se pro­longe chez un grand nom­bre de vic­times jusqu’à un âge avancé, con­duisant au-delà du délai de prescription…
  • Parce que le milieu bien sou­vent pro­tège l’agresseur.
  • Parce que la légende est encore bien ancrée, qu’il faut oubli­er et que la plainte n’est que vengeance. Alors que nul ne s’offusque de voir dépos­er une plainte, même tar­dive, pour un crime financier, par exemple.
  • Parce que la parole de l’enfant, quand elle est pos­si­ble, est fréquem­ment mise en doute. Mais aus­si parce que l’ampleur des crimes sex­uels sur des enfants est telle que la société dans l’ensemble se voile la face.

Enten­dre la vic­time et la recon­naître comme telle… Désign­er le crim­inel et le recon­naître comme tel… C’est le pre­mier pas dans le proces­sus de recon­struc­tion de l’enfant vic­time d’abus sex­uel. Il n’y a pas de guéri­son pos­si­ble sans que la vérité soit dite. Quel que soit le moment où survient la dénon­ci­a­tion de l’abus, la vérité sera tou­jours syn­onyme de délivrance. Savoir qu’il y a une Jus­tice, sans pre­scrip­tion, est donc capital.

Un crime tabou

En effet, com­ment con­cevoir qu’un crime qui laisse des séquelles à vie sur la vic­time, demeure impuni ? Unique­ment parce que la plainte survient au-delà du délai de pre­scrip­tion ? Est-ce à dire que la société et l’institution con­sid­èrent que le temps a effacé, voire réparé le préju­dice ? Pour la vic­time, quel désaveu ! C’est la ren­voy­er une sec­onde fois au silence et à l’oubli. C’est tout bon­nement la con­damn­er au néant. Tan­dis que l’agresseur, lui, peut tran­quille­ment tourn­er la page… et recommencer.

Les chiffres de l’ODAS (Obser­va­toire Décen­tral­isé d’Action Sociale) indiquent que le nom­bre de sig­nale­ments pour abus sex­uels sur les enfants tourne autour de 5500 par an en moyenne, sur les cinq dernières années. Le total de tous les sig­nale­ments effec­tués depuis que l’État a instal­lé cette procé­dure ne dépasse donc pas 1% du nom­bre réel d’enfants vic­times d’abus sex­uels en France (abus per­pétrés le plus sou­vent au sein de la famille ou par des per­son­nes con­nues de l’enfant, il faut le souligner).

Anti-pédophile (bouton)
Site Anti-pédophile

Au nom de l’enfance violée,
Vic­times et proches de vic­times de l’inceste et de la pédophilie.
Daniel Boirat, Marie-Dominique et Jean-François Lecluse,
Christophe Ancelin

Plus d’information : Por­tail Antipedophil


Auteur : Lafontanelle

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