Nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres (10) : La Vérité n’est pas seule à sortir du puits

Les Nouvelles Mystérieuses de la Cathédrale de Chartres

En dehors de servir de repaire aux réu­nions maçon­niques, la crypte de la cathé­drale de Chartres a deux autres attraits : une fresque et un puits. Ladite fresque cor­re­spond en fait à deux pein­tures murales du XIIe siè­cle dont l’une, toute en arrondis voûtés, représente six per­son­nages dans une abbaye dont Saint-Jacques, Saint-Nico­las et Saint-Clé­ment.

Puits de la cathédrale de Chartres
Puits de la cathé­drale de Chartres, Eure-et-Loir, Cen­tre Val-de-Loire.

Quant au puits dit des Saints-Forts, il cor­re­spond au puits de l’oppidum gal­lo-romain. Il est, paraît-il, chargé d’histoires et de légen­des. Aucune ne dit, mal­gré tout, qu’une jeune et belle femme en est jamais sor­tie unique­ment vêtue de sa pro­bité can­dide. Dom­mage.

Ce puits, comme tous les puits, avait une impor­tance majeure pour faire de ce haut lieu, dans tous les sens du terme, un sanc­tu­aire inex­pugnable grâce à cette source mer­veilleuse. Les druides de la forêt des Car­nutes savaient eux-aus­si qu’elle exis­tait et en avaient fait un site sacré, un point tel­lurique majeur de rassem­ble­ment des forces obscures.

Tout récem­ment, une équipe d’archéologues améri­cano-sino-égyp­tiens a col­laboré avec des chercheurs français de pointe pour fouiller le site avec les moyens les plus appro­priés et les dernières inno­va­tions tech­niques. Le résul­tat n’a pas été pré­cisé­ment à la hau­teur de leurs espérances.

La Vérité n’est pas seule à sortir du puits

Ce qui les a le plus intrigué, c’est une épaisse couche d’ossements que la présence de menue mon­naie et de restes de vais­selle d’argile de l’époque a per­mis de dater du milieu du XII­Ie siè­cle. Cette couche d’ossements dépas­sait un mètre et s’empilait comme s’il s’agissait d’un cimetière d’éléphants ou d’une cat­a­combe.

L’hypothèse d’une nécro­p­ole humaine de pris­on­niers jetés dans ce puits comme dans une oubli­ette ne tenait pas la route puisque ces osse­ments n’avaient rien d’humains et étaient facile­ment iden­ti­fi­ables. Il s’agissait d’os de poulets, de lap­ins, de porcs, de mou­tons, de san­gliers et de cervidés.

L’explication finale des émi­nents sci­en­tifiques s’avère bien déce­vante : le puits ser­vait de poubelle à des liba­tions orgiaques et inter­dites qui ont eu lieu dans la crypte et l’on s’est dis­crète­ment débar­rassé des reliefs de repas en les bal­ançant là où per­son­ne ne viendrait les chercher.

Il est fort à pari­er qu’une par­tie du gibier avait été bra­con­née dans la forêt des Car­nutes et que les chas­seurs de l’époque ne tenaient pas telle­ment à ce que leurs exploits soient con­nus de tous. On a beau être chas­seur, appréci­er la bonne chair et le bon vin, faire la fête en galante com­pag­nie, on con­naît les ver­tus de la dis­cré­tion. Ne faut-il pas tou­jours garder secrètes ses meilleurs coins de chas­se ou à champignons ?

Illus­tra­tion : Puits de la cathé­drale de Chartres, Eusebius@Commons, 7 févri­er 2009.


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