Nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres (13) : La pierre de Berchères

Les Nouvelles Mystérieuses de la Cathédrale de Chartres

Obélix lui-même aurait sans doute été le plus heureux des tailleurs de pierre sur le chantier de la cathé­drale. Con­traire­ment aux arti­sans égyp­tiens qui devaient faire venir leurs pier­res via le Nil de fort loin, de cen­taines de kilo­mètres avant d’arriver dans la Val­lée des Rois ou sur le plateau de Gizeh, le majestueux édi­fice con­sacré à Marie a été con­stru­it avec de la pierre locale.

La pierre de Berchères
La car­rière de la cathé­drale de Chartres à Berchères-les-Pier­res

Les car­rières étaient situées à peine à trois lieues de la cathé­drale, avec des car­ac­téris­tiques tout à fait extra­or­di­naires. Il se trou­ve que le cal­caire de Berchères, « cette pierre de taille mag­nifique qui tra­verse les siè­cles avec allé­gresse », est com­pact avec des grains fins, non gélif. Il durcit, reçoit le poli du mar­bre et résiste par­faite­ment aux intem­péries et aux mal­adies de la pierre. Un vrai mir­a­cle en soi.

Ce mir­a­cle, il faut remon­ter à vingt-trois mil­lions d’années en arrière pour l’expliquer avec un dépôt de cal­caire dans des eaux de pluie, à l’extrémité sud-ouest du « lac de Beauce ». À l’époque, le cli­mat était trop­i­cal humide : de quoi rêver… Qui eût pu croire qu’un jour la Beauce n’était qu’un lac entouré d’une végé­ta­tion exo­tique ?

La pierre de Berchères

C’est à la fin du ter­ti­aire, entre dix et trois mil­lions d’années, que la for­ma­tion des Alpes a soulevé le bassin parisien et, par effet de domi­no, créé le plateau de Beauce. Une poche de cal­caire lacus­tre s’est retrou­vée en sur­face dans la région de Berchères. Un nou­v­el apport de pluie trop­i­cales a ren­for­cé le cal­caire pri­maire en créant des inclu­sions de cal­cite typ­ique. Cette recal­ci­fi­ca­tion a aug­men­té en den­sité et solid­ité le dépôt cal­caire : un phénomène rare qui en a fait sa spé­ci­ficité remar­quable, à nulle autre pareille.

Cette pierre blanche de Berchères est donc un mir­a­cle géologique. Les tailleurs de pierre de l’époque avaient là un matéri­au unique, for­cé­ment dif­fi­cile à tra­vailler mais pour quel résul­tat ! L’empilage des pier­res n’a sans doute pas non plus été une sinécure eu égard au poids de chaque élé­ment, mais la foi des char­bon­niers et la tech­nic­ité et l’expérience des arti­sans ont fini par avoir rai­son de toutes les dif­fi­cultés.

Bien sûr, ce n’est pas cette pierre de Berchères qui pou­vait aus­si servir pour les sculp­teurs : trop dure et avec des inclu­sions gênantes. Ce sont des pier­res crayeuses, celles de Ver­non, qui ont servi pour les stat­ues-colonnes, les tym­pa­ns, les lin­teaux et autres vous­sures, trumeaux et ébrase­ments.

« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je con­stru­irai mon église » : assuré­ment, avec la pierre de Berchères, le per­mis de con­stru­ire pou­vait s’appliquer au mod­èle cathé­drale.

Illus­tra­tion : carte postale illus­trant la car­rière de la cathé­drale de Chartres à Berchères-les-Pier­res.


2 réflexions sur « Nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres (13) : La pierre de Berchères »

  1. MIRACLE À CHARTRES

    Ses pointes au coeur de la Beauce désig­naient un ciel som­bre. J’étais dans l’ombre, ne voy­ant que la nue chargée, les champs mornes, les éten­dues monot­o­nes. La cathé­drale de Chartres, sil­hou­ette sin­istre dans le loin­tain, affligeait mon âme prag­ma­tique.

    Les rigueurs de l’âpre sai­son ne m’inspiraient que tristesse. Autour de moi, l’espace : rien qu’un vide immense, un silence sans échos, des agi­ta­tions dénuées de sens… L’absurde comédie des élé­ments où les nuages ne sont que fumée, les astres des points sans nom, l’horizon un chantier agri­cole arrosé par l’onde hiver­nale.

    Et les oeu­vres des hommes, des pier­res vouées à la pous­sière.

    Pour­tant, front bais­sé, j’avançais vers les inutiles flèch­es. Qu’allais-je y chercher, moi l’impie ? La plaine peut-être avait la réponse : au fil de mes pas le vent ressem­blait de plus en plus à un chant.

    Con­fusé­ment la clarté se fit en moi à mesure que j’approchais des géantes sécu­laires.

    Le MYSTERE m’attirait vers la dou­ble flamme de pierre. Et plus les aigu­illes goth­iques gran­dis­saient, plus ma con­science s’éveillait.

    Enfin je fus au pied de l’édifice. Je péné­trai dans l’antre vaste et sere­in.

    Dans ce lieu dense un feu cou­vait sous les ogives : le silence reflé­tait les pro­fondeurs sidérales, les vit­raux la musique des par­tic­ules de la matière. Spi­rales galac­tiques et valse des molécules étaient immor­tal­isées dans le minéral, inter­pré­tant l’impénétrable sym­phonie uni­verselle.

    Le bleu était poésie, le rouge était mélodie, le cer­cle était onde. Dans les vit­raux, des papil­lons. Sous mes pieds, des con­stel­la­tions. Au-dessus de ma tête, l’incommensurable.

    Le roc était vivant… J’ETAIS vivant ! L’alchimie des signes et des choses avait opéré sur mon être un mir­a­cle sans bruit. L’harmonie cos­mique sug­gérée par l’architecture et les ver­rières avait ébran­lé mes cer­ti­tudes de matéri­al­iste.

    La pénom­bre de la cathé­drale m’éclairait intérieure­ment : j’avais saisi la sub­til­ité de l’invisible.

    La magie des voûtes me retint longtemps dans ma médi­ta­tion. Et tan­dis que je scru­tais l’immensité cachée de ce qui m’entourait, le vais­seau immo­bile voguait vers l’éternité.

    Depuis le fond de la plaine j’avais répon­du à ses muets appels avant qu’il ne m’emporte à des­ti­na­tion de l’infini dans un fra­cas qui n’est audi­ble qu’à des oreilles ini­tiées.

    Et l’infini avait le vis­age de la lumière.

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    Raphaël Zacharie de IZARRA