Nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres (8) : les tours infernales

Les Nouvelles Mystérieuses de la Cathédrale de Chartres

Que n’a-t-on loué, célébré la beauté mir­i­fique des flèch­es de Notre-Dame de Chartres ! La puis­sance légère des deux tours élancées comme une prière vers l’Éternité, l’architecture sim­ple sans être austère : tout invite à l’Harmonie suprême, à l’émotion recueil­lie. Ces blocs de pierre sus­pendus à trente-sept mètres au-dessus du sol ne sont que den­telles et élé­gance mys­tique.

Tour nord de la cathédrale de Chartres
Tour nord de la cathé­drale de Chartres

Per­son­ne ne dira le con­traire. En tout cas, per­son­ne n’osera le dire. Car, si on veut être tout à fait hon­nête et objec­tif, la pre­mière impres­sion que donne la façade Ouest de la cathé­drale est celle d’un Lego mal mon­té, de deux tours dis­symétriques assem­blées de guin­go­is. Les deux flèch­es sont, en effet, mal empilées et l’assemblage d’éléments du XIIe, du XII­Ie et du XVIe siè­cles com­plète­ment hétéro­clite.

Il faut vrai­ment avoir une poutre dans le regard pour ne pas voir que, si le clocher vieux, celui de droite, dégage une cer­taine har­monie, celui de gauche est aus­si grotesque que dis­con­tinu. À mi-ver­rière, le décroche­ment entre la moitié inférieure et la moitié supérieure de l’une est une énor­mité archi­tec­turale qui tire l’œil le moins aver­ti.

Et l’on peut légitime­ment se deman­der ce qui a bien pu pass­er dans la tête de Jean Tex­i­er dit Jehan de Beauce lorsqu’il a cru bon de mon­ter en pâtis­serie sa flèche du côté nord entre 1507 et 1513. Vis­i­ble­ment, son souci était de dépass­er de dix mètres la tour du clocher Vieux, sans le moin­dre souci d’équilibre et de cohérence avec la tour déjà con­stru­ite.

Les tours infernales

Le résul­tat final n’est certes pas cat­a­strophique. Deux tours stricte­ment sem­blables comme à Tours et Orléans, ou même à Notre-Dame de Paris engen­drent inévitable­ment un sen­ti­ment d’ennui. Là, on ne risque pas de s’ennuyer. On a plutôt l’impression d’un bric-à-brac, d’une con­struc­tion faite de bric et de broc.

La dif­férence de couleur de la pierre, chaude, presque ocre jaune sur la par­tie la plus anci­enne du por­tail roy­al con­traste avec la blancheur cafardeuse de la pierre de Berchères qui cor­re­spond si bien au temps changeant, aux nuages gris plom­bés qui cou­vrent de leur cou­ver­cle le paysage de Beauce.

Du bout du parvis, devant l’actuel col­lège Jean Moulin, la per­spec­tive donne l’envie de faire un strike sur ces deux quilles géantes. On ne peut pas s’empêcher non plus de penser à ces ouvri­ers kamikazes qui se sont écrasés plate­ment au pied de ces tours infer­nales pour avoir voulu défi­er les lois de l’équilibre.

Haut lieu de la Chré­tien­té, la cathé­drale est l’un des plus beaux mon­u­ments élevés pour la gloire de Dieu et hon­or­er Notre Dame. Elle émeut les âmes, enchante les yeux et les esprits cré­d­ules. Tant d’artistes ont cher­ché à nous don­ner l’idée d’une cité mys­tique où la con­science ren­con­tr­erait Dieu sans le moin­dre effort. Ils ont assuré­ment tran­scendé ce qu’il y avait de meilleur en l’homme. Et c’est bien là tout le mys­tère de la Foi, la force de la croy­ance dans le sur­na­turel. Mais pourquoi donc tant de joies dans les reli­gions, qui nous relient pour­tant si peu ?

Illus­tra­tion : Tour nord de la cathé­drale de Chartres, H. Silenus, 24 juin 2009.


2 réflexions sur « Nouvelles mystérieuses de la cathédrale de Chartres (8) : les tours infernales »

  1. il y a cer­taine­ment plus a dire sur la cathe­drale.
    ne serais ce que la par­tic­u­lar­ité des labyrinthe dont helas on ne vois que l un deux , les autres etant cachés par le choeur.
    il t ya aus­si cette unique pierre blanche coté droit en entrant et qui le 21 juin sol­stice d été viens etre frap­pée par un ray­on de soleil , qui passe par un trou pra­tiqué dans un vit­rail.
    a l orig­ine la cathe­drale etais bleu mais les intem­peries et le temps font des degats.
    sa con­struc­tion fus d etre enter­rée au fur et a mesure de sa hau­teur.
    ne serais pas la , la rai­son de la butte des char­bon­niers, et je craind aus­si que ceci servisse a enter­rer les ouvri­ers mort a sa con­struc­tion ?
    ps.que veut dire web­site je ne con­nais pas cette langue