Petites citations entre amis

À Paris, les pro­prié­taires trou­vent nor­mal de louer un 15 m² pour les trois quarts d’un SMIC. Sans pis­ton, il est qua­si­ment impos­si­ble de trou­ver un loge­ment dans une grande ville à un prix décent.” Leïla Chaïbi, Col­lec­tif jeu­di noir.

Les Français ont de plus en plus ten­dance à se con­sid­ér­er comme des con­som­ma­teurs et non plus comme des citoyens. Cela veut dire qu’ils accor­dent plus d’importance à leurs intérêts per­son­nels qu’à l’intérêt général ou aux valeurs morales.” Robert Rochefort, soci­o­logue. Dernier ouvrage paru : “Le Bon Con­som­ma­teur et le mau­vais citoyen” (Odile Jacob, 2007).

Les gens se foutent de l’indépendance de la presse ! Aux yeux de cer­tains, l’intégrité n’est qu’une forme déguisée d’égoïsme…” Bernard*, cri­tique musi­cal pour plusieurs mag­a­zines.

Au gala annuel de l’Edhec, les anciens élèves sont invité à nous racon­ter com­ment ils ont réus­si à se faire pote avec un grand patron, et nous sommes cen­sés être béats d’admiration. Le nec plus ultra, c’est d’être un fils de pro­lo qui, grâce à son bagou, a réus­si à copin­er avec des mecs hauts placés.” Julien, 24 ans, étu­di­ant à l’Edhec.

Le pis­ton, c’est sou­vent un fan­tasme de sous-pro­lé­taire. Le peu­ple croit que l’on obtient tout par pro­tec­tion. En réal­ité les pis­tons des petits sont lim­ités. Le pis­ton, c’est surtout l’entente entre les puis­sants : c’est leur manière de se repro­duire et de préserv­er le pou­voir.” Pierre Bour­dieu, in “La France du Pis­ton” de Claude Askolovitch et Syl­vain Attal (Robert Laf­font, 1992).

Jusqu’aux années 60, quand on voulait obtenir quelque chose on se tour­nait vers l’État. Aujourd’hui on se tourne vers ses sem­blables. Chaque per­son­ne est plurielle et rien ne lui inter­dit de jouer sur plusieurs tableaux pour par­venir à ses fins.” Michel Maffesoli, soci­o­logue, in “Le Temps des Tribus” (La Table Ronde, 2000)

Pour que je cède mes deux places en tri­bune prési­den­tielle pour le pre­mier match [de la coupe du monde de rug­by, ndlr], per­son­ne ne m’a pro­posé d’argent. En revanche on m’a offert de fig­ur­er en cou­ver­ture d’un mag­a­zine, d’avoir le pre­mier rôle dans une grosse pro­duc­tion, de pren­dre mon fils en stage, de faire inscrire ma fille à Hen­ri IV, de me prêter une mai­son à l’Ile Mau­rice, et même de me délivr­er le per­mis de con­stru­ire qu’on m’a tou­jours refusé.” Célèbre acteur français qui tient à rester anonyme…

Extraits de La France du pis­ton et des passe-droits, par Anna Topaloff, David Kleczews­ki et Lau­rent Reyes, in Mar­i­anne n° 544 du 22 au 28 sep­tem­bre 2007.
* Le prénom a été changé.


Auteur : Lafontanelle

Hylotrupes bajulus les soirs de pleine lune...