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Sec­ond tour de l’élection prési­den­tielle : un choix décisif en matière de poli­tique pénale”

Le pre­mier tour de l’élection prési­den­tielle est mar­quant par son taux élevé de par­tic­i­pa­tion. Il tend à réaf­firmer que la poli­tique, « chose publique », ne dés­in­téresse pas les français. Le sec­ond tour est décisif en matière de choix de société et notam­ment sur les ques­tions de jus­tice et de délin­quance.

C’est l’occasion pour le SNEPAP-FSU de rap­pel­er ses man­dats en terme de choix de poli­tique pénale, et de met­tre en garde con­tre les ten­dances aux dis­cours sim­plistes sur ces ques­tions.

Le SNEPAP FSU émet de très vives cri­tiques quant aux thès­es du déter­min­isme géné­tique de la pédophilie. Ces posi­tions dan­gereuses por­tent en elles les risques de dérives eugénistes.

snepap-fsu

Con­cer­nant la poli­tique pénale, le SNEPAP-FSU milite pour que l’incarcération ne soit pas la sanc­tion de référence mais l’ultime recours. Les cour­tes peines de prison ont été maintes fois décrites dans divers rap­ports, par­lemen­taires notam­ment, comme étant con­tre pro­duc­tives.

Le SNEPAP-FSU con­teste la con­fu­sion entre con­damna­tion et incar­céra­tion, et estime que la ques­tion de la sécu­rité ne saurait être traitée par un recours sys­té­ma­tique à la prison qui met tem­po­raire­ment la per­son­ne à l’écart sans for­cé­ment s’attacher aux caus­es de l’acte délin­quant. En effet, d’une part, il existe de véri­ta­bles sanc­tions pénales en « milieu ouvert » con­traig­nantes et respon­s­abil­isantes. Il con­vient de les dévelop­per, de les amélior­er et de les crédi­bilis­er encore plus, notam­ment par une volon­té poli­tique affichée. D’autre part, le SNEPAP-FSU prône le développe­ment des amé­nage­ments de peines (libéra­tion con­di­tion­nelle, semi-lib­erté ou place­ment extérieur par exem­ple). Ceux-ci per­me­t­tent une sor­tie cadrée, con­stituent des vecteurs d’insertion, et par­ticipent donc de la sécu­rité publique.

Le SNEPAP-FSU exprime son inquié­tude quant au pro­gramme du can­di­dat de la majorité sor­tante. L’instauration de peines planch­ers porte atteinte aux pos­si­bil­ités d’individualisation de la peine et à l’indépendance des juges qui car­ac­térise la stricte sépa­ra­tion des pou­voirs garante du bon fonc­tion­nement de notre démoc­ra­tie. En out­re, cette poli­tique entraîn­era un accroisse­ment con­séquent des cour­tes peines de prison et de la sur­pop­u­la­tion pénale. Loin d’apporter une solu­tion à la déli­cate ques­tion de la récidive, cette réforme, déjà mise en échec par la majorité par­lemen­taire lors des dis­cus­sions sur la loi rel­a­tive au traite­ment de la récidive, aggrav­era les con­di­tions d’exécution des peines et les con­di­tions de tra­vail des per­son­nels de l’administration péni­ten­ti­aire.

Tout en restant libre et indépen­dant, le SNEPAP FSU, fidèle à ses valeurs, appelle à s’opposer à ces per­spec­tives en terme de poli­tique pénale par le jeu du scrutin du sec­ond tour de l’élection prési­den­tielle.

Quelque soit l’issue du scrutin, le SNEPAP-FSU restera vig­i­lant et con­tin­uera à défendre sa vision de la poli­tique pénale.

Com­mu­niqué de presse du syn­di­cat nation­al de l’ensemble des per­son­nels de l’administration péni­ten­ti­aire.