Do U feel good like I am ?

Tan­dis que Mis­ter Dyna­mite s’en­gour­dit les jambes dans son cer­cueil trop étroit pour de som­bres querelles famil­iales, les fans dansent en pleu­rant le Par­rain de la soul. D’autres, épuisés sans doute par ces jeux de jambes et ce des­tin incroy­ables, font dans la rétro­spec­tive et celle qui suit, datant du jour de sa mort, rend à l’artiste un hom­mage mérité. Please, Please, Please, stay and read…

Papa’s got a Brand New Bag, I Feel Good, James Brown (Ed. Sul­li­van Show)

Le funk, la soul et le rap sont orphe­lins. Le « Par­rain de la soul » James Brown, qui a fondé le funk et exer­cé une influ­ence déter­mi­nante sur la créa­tion musi­cale de ces 50 dernières années, est mort tôt lun­di à l’âge de 73 ans à Atlanta, en Géorgie.

Avec sa per­ma­nente, ses géniales inven­tions polyry­th­miques, sa puis­sante voix façon­née par le gospel et son jeu de jambes, James Brown aura mar­qué près d’un demi-siè­cle de musique, entrant dans la légende pour avoir trans­for­mé la soul en funk. Il aura aligné les suc­cès, avec notam­ment Sex Machine, I Got You, I Feel Good, It’s A Man’s Man’s Man’s World, Hot Pants, Please, Please, Please et Cold Sweat.

Brown avait été hos­pi­tal­isé dimanche pour une pneu­monie, a pré­cisé son agent Frank Cop­si­das, de la société Intrigue. D’après lui, Charles Bob­bit, ami de longue date du chanteur, était à son chevet à l’hôpi­tal Emory Craw­ford Long où le musi­cien s’est éteint vers 1h45.

Le légendaire chanteur noir espérait se pro­duire sur scène la fin de semaine prochaine mal­gré sa mal­adie, a rap­porté Cop­si­das. Brown avait dû annuler deux con­certs cette semaine et voulait être remis sur pied pour son spec­ta­cle prévu same­di à Red Bank, au New Jer­sey. L’a­gent a déclaré que l’in­ter­prète de Sex Machine était décédé d’un arrêt car­diaque.

Tout au long de sa longue et par­fois chao­tique car­rière, Brown aura col­lec­tion­né les surnoms aus­si dithyra­m­biques que col­orés tels que « Soul Broth­er No 1 », « Mis­ter Dyna­mite » ou encore « le tra­vailleur le plus acharné du show busi­ness ».

Aux côtés d’Elvis Pres­ley, Bob Dylan et une poignée d’autres, James Brown aura exer­cé une influ­ence majeure sur la musique des 50 dernières années. Il a été idol­âtré par au moins une généra­tion qui n’hési­tait pas à l’imiter ouverte­ment. Ses pas de danse rapi­des hérités de sa longue pra­tique de la boxe ont inspiré Mick Jag­ger, Prince, Michael Jack­son et tant d’autres.

Si les fans de Ray Charles ou de Sam Cooke peu­vent légitime­ment lui con­tester le titre d’in­ven­teur de la soul, James Brown aura incon­testable­ment mar­qué de son empreinte les gen­res du rap, du dis­co et surtout du funk, dont il est l’un des pères fon­da­teurs. Des titres comme Cold Sweat ou Papa’s Got À Brand New Bag ont ain­si révo­lu­tion­né la musique de leurs rythmes inédits.

Cer­tains voient aus­si dans son titre de 1968, Amer­i­ca Is My Home, le pre­mier titre rap de l’his­toire. « James avait à l’év­i­dence le meilleur groove », avait une fois con­fié à l’As­so­ci­at­ed Press le rappeur Chuck D de Pub­lic Ene­my, un groupe qui tire son nom d’un titre de Brown. « À ce jour, per­son­ne n’a été aus­si funky. Il n’y en même pas un qui pour­rait s’en approcher. »

James Brown en était con­va­in­cu. Ain­si lors d’une entre­vue accordée à l’As­so­ci­at­ed Press en 2003, il déclarait sans fausse mod­estie : « Le dis­co, c’est James Brown. Le hip-hop, c’est James Brown. Le rap, c’est James Brown. Vous com­prenez ce que je dis ? Quand vous écoutez tous ces rappeurs, 90 pour cent de leur musique vient de moi. » Une affir­ma­tion qui se véri­fie à l’aune du nom­bre extrav­a­gant de sim­ples de ses chan­sons ou de ses lignes ryth­miques qu’on retrou­ve dans les titres des rappeurs.

Né le 3 mai 1933 dans une famille pau­vre à Barn­well, dans la Car­o­line du Sud rurale, James Joseph Brown grandit à Atlanta où il est élevé en par­tie dans un bor­del et endure la ségré­ga­tion raciale et le racisme en vigueur alors dans le Sud pro­fond. À 7 ans, il est rabat­teur de pros­ti­tuées avant de devenir cireur de chaus­sures et boxeur. À 16 ans, en 1949, il est arrêté pour vol dans des voitures et restera trois ans et demi dans une mai­son de cor­rec­tion près de Toc­coa, en Géorgie, où il décou­vre le gospel.

Un temps boxeur puis joueur de base­ball semi-pro­fes­sion­nel, il ren­con­tre Bob­by Byrd qui le fait entr­er dans son groupe gospel. Mais il lui fau­dra atten­dre 1956 pour con­naître son pre­mier vrai suc­cès, Please, Please, Please puis Try Me en 1958 avec les Famous Flames.

En l’e­space de trois ans, James Brown devient le roi du ryth­m’n’blues et l’i­dole de tous les Noirs. La con­sécra­tion défini­tive arrivera en 1970 avec la sor­tie du mythique Get Up (I Feel Like Being A) Sex Machine, avec Bob­by Byrd au con­tre-chant.

Des années 1950 jusqu’au milieu des années 1970, Brown s’est lancé dans une série fréné­tique de tournées, de con­certs et d’al­bums, héri­tant du surnom de « tra­vailleur le plus acharné du show busi­ness », accom­pa­g­né de ses fidèles JB’s qu’il dirige d’une main de fer, infligeant des amendes pour la moin­dre fausse note.

Après une tra­ver­sée du désert après l’ar­rivée du dis­co, James Brown s’es­souf­fle artis­tique­ment, mais revien­dra au pre­mier plan grâce au ciné­ma grâce notam­ment aux « Blues Broth­ers » dans lequel il inter­prète magis­trale­ment un prédi­ca­teur ou encore « Rocky IV » pour son tube Livin in Amer­i­ca. Il fera son entrée au Rock and Roll Hall of Fame en 1986, l’an­née de la sor­tie de « Rocky IV ». En 1992, il décroche un Gram­my pour l’ensem­ble de sa très riche car­rière.

Sa « car­rière » judi­ci­aire a égale­ment été bien rem­plie. Con­damné plusieurs fois pour des affaires de drogue, de port d’arme ou pour des vio­lences con­ju­gales. Il a notam­ment passé deux ans en prison (1989 – 1991) pour des vio­lences et une course-pour­suite avec la police.

En décem­bre 2001, il s’é­tait mar­ié en qua­trièmes noces avec Tomi Rae Hynie, l’une de ses cho­ristes. Il laisse der­rière lui au moins qua­tre enfants : deux filles et deux fils.

Source : Dai­ly­mo­tion


Auteur : Lafontanelle

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