La faim, la bagnole, le blé et nous” !

Je suis jour­nal­iste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir tra­vail­lé pour Poli­tis, Géo, Le Canard Enchaîné, Téléra­ma. Je suis le co-auteur, avec François Veillerette, du livre “Pes­ti­cides, révéla­tions sur un scan­dale français” (Fayard, 2007). Si je me per­me­ts aujour­d’hui de vous adress­er ce mes­sage, c’est qu’il y a urgence, une urgence absolue.

Je pub­lie le 3 octo­bre un livre inti­t­ulé “La faim, la bag­nole, le blé et nous.” (Fayard). Son sous-titre est clair : une dénon­ci­a­tion des bio­car­bu­rants. Je veux vous en par­ler directe­ment. Vous pou­vez certes y voir une banale opéra­tion com­mer­ciale, mais tel n’est pas le cas.

Pesticides

L’ex­pan­sion ful­gu­rante des bio­car­bu­rants est une tragédie plané­taire. Elle con­duit en pre­mier lieu à la stéril­i­sa­tion de mil­lions d’hectares de ter­res agri­coles et à l’ag­gra­va­tion trag­ique de la faim. Pour faire rouler des bag­noles. Savez-vous que le quart du maïs améri­cain sert déjà à fab­ri­quer du car­bu­rant auto­mo­bile ? Une telle révo­lu­tion a des effets en chaîne sur toutes les céréales et plantes ali­men­taires, dont le cours explose.

Elle con­duit égale­ment à la destruc­tion de ce qui reste de forêts trop­i­cales. En Indonésie, le palmi­er à huile men­ace tout à la fois l’homme, l’o­rang-out­an et l’éléphant d’Asie, ridi­culisant tous les grands dis­cours sur la bio­di­ver­sité. En Afrique, le bassin du Con­go est attaqué. Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout. Pour rem­plir les réser­voirs au détri­ment de la forêt et du cer­ra­do, pour­tant des écosys­tèmes uniques. Les bio­car­bu­rants sont des armes de guerre et de mort.

Qui les sou­tient ? L’a­gri­cul­ture indus­trielle, les transna­tionales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nom­bre de jour­nal­iste hélas. En France, je décris un sys­tème com­plexe dont l’un des cen­tres n’est autre que le min­istère de l’É­colo­gie de M. Bor­loo, à tra­vers l’Ademe et un organ­isme mécon­nu, Agrice. À quelques semaines du “Grenelle de l’En­vi­ron­nement”, cela mérite d’être dis­cuté. Mais je n’ou­blie pas tous les autres, y com­pris cer­tains écol­o­gistes fort mal inspirés.

Car les bio­car­bu­rants, comme je le mon­tre, et mal­gré de rares études manip­ulées par lob­by, ont un bilan écologique désas­treux, qui aggrav­era l’ef­fet de serre, quoi qu’en dise la pro­pa­gande. Et en France, leur développe­ment signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mam­mifères.

Au fait, savez-vous qu’une usine du Havre trans­formera dès 2008 des ani­maux en bio­car­bu­rants ? Et qu’on tente de faire pouss­er, par génie géné­tique, des arbres mous, per­me­t­tant d’ex­traire leur cel­lu­lose, matière pre­mière des bio­car­bu­rants ?

Ce monde est fou, et sans la moin­dre morale. J’ai fait ce que je pou­vais, c’est-à-dire mon job. Pour ten­ter d’ar­rêter cette insup­port­able machine, j’en appelle solen­nelle­ment à vous. Agis­sez ! Agis­sons ensem­ble.”

Par Fab­rice Nicol­i­no, le 1 sep­tem­bre 2007


Auteur : Lafontanelle

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