Le Manifeste des évidences (26)

Le manifeste des évidences ou la fin du train-train des affaires

Six ans déjà, depuis le dernier bil­let de cette série con­sacrée à l’en­tre­prise ! Et c’est peu de dire que l’eau a coulé sous les ponts. Un arti­cle ne suf­fi­ra donc pas pour vous racon­ter com­ment j’ai dévelop­pé mon cab­i­net d’écrivain pub­lic. De plus, je suis loin d’avoir la force de frappe d’une agence de com­mu­ni­ca­tion et ne suis pas un expert des rela­tions publiques. Mon truc, c’est d’être invis­i­ble… D’ailleurs, moins on me voit, et plus mon tra­vail est de qualité.

Les relations publiques ne parlent pas au public. Les entreprises ont profondément peur de leurs clients.
Le Man­i­feste des Évi­dences — The Clue­train Man­i­festo (The End of Busi­ness as Usual)

En effet, mon exper­tise se situe dans une zone grise, à mi-chemin entre le con­seil et la médi­a­tion, au car­refour de la com­mu­ni­ca­tion et de l’in­for­ma­tion. Lorsque j’écris pour autrui, je me dois d’en­tr­er dans l’in­tim­ité de mes clients, sans pour autant être intrusif dans leur vie privée. J’ai à con­naître les failles de mes inter­locu­teurs et mon job est de faire en sorte qu’elles ne se voient pas. Mieux encore, c’est par un accom­pa­g­ne­ment per­son­nal­isé et des capac­ités d’é­coute, d’empathie presque, que j’ar­rive à instau­r­er une rela­tion de con­fi­ance, seule à même de me per­me­t­tre d’at­tein­dre l’ob­jec­tif poursuivi.

Et cet objec­tif est qua­si­ment tou­jours le même. En défini­tive, il s’ag­it de faire pass­er un mes­sage. On n’est pas loin, ici, de ces tech­niques util­isées par les organ­i­sa­tions pour pro­mou­voir leur image de mar­que et met­tre en avant leurs réal­i­sa­tions. À la seule dif­férence que je ne m’oc­cupe pas, ou très peu en réal­ité, de rela­tions publiques, mais bien de rela­tions privées. En con­séquence, j’u­tilise la langue comme une arme de séduc­tion. Comme un moyen de per­sua­sion, surtout. Pour aboutir au résul­tat recher­ché, il me faut avant tout con­va­in­cre du bien-fondé de ma démarche. Laque­lle est en fait celle de mon client, ou de l’usager pour lequel j’interviens.

Lorsque j’écrivais, six ans aupar­a­vant, qu’il me faudrait de la patience pour démon­tr­er mes qual­ités, je visais juste. En effet, les rela­tions, publiques ou privées, ne peu­vent porter leurs fruits que dans la durée. Elles ne sont pos­si­bles que si un dia­logue sincère s’in­stau­re entre les deux par­ties. Et bien évidem­ment, si le pro­fes­sion­nel est en même temps capa­ble de se remet­tre en ques­tion. Certes, pour celui qui cherche à dévelop­per son busi­ness, ce n’est pas la posi­tion la plus con­fort­able. Mais c’est la seule qui vaille pour que les clients soient sat­is­faits, et l’en­tre­prise, pérenne. Une évi­dence que, dans cer­taines gross­es boîtes, on ferait bien de méditer, car… 

26. Les relations publiques ne parlent pas au public. Les entreprises ont profondément peur de leurs clients.

Manifeste des évidences - Liberté pour le Net (Manifeste Cluetrain)
Man­i­feste des évi­dences — Lib­erté pour le Net (Man­i­feste Cluetrain)

Envie de man­i­fester vos évidences ?
Suiv­ez le Clue­train Man­i­festo et lisez les bil­lets précédents :
23. Les entre­pris­es essayant de se posi­tion­ner devraient avoir un posi­tion­nement. Dans l’idéal, il cor­re­spond à quelque chose qui intéresse vrai­ment leur clien­tèle.
24. Les fan­faron­nades ampoulées du genre « nous sommes en posi­tion pour devenir le prin­ci­pal four­nisseur de XYZ » ne con­stituent pas un posi­tion­nement.
25. Les entre­pris­es doivent descen­dre de leur Tour d’Ivoire et par­ler avec les per­son­nes avec lesquelles elles espèrent instau­r­er une rela­tion.


Auteur/autrice : Lafontanelle

Hylotrupes bajulus les soirs de pleine lune...

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