Ma ville est malade…

Rasta Station

À Lucé, on est pas tous figés ! Alors, on écoute Massilia !

Le Golfe de Marseille vu de l'Estaque, Paul Cézanne (1886)
Le Golfe de Mar­seille vu de l’Es­taque, Paul Cézanne (1886)

Rien que dans le titre, on plante déjà le décor… Vas‑y col­lègue ! Boulègue-toi !

Ma ville est malade… — Massilia Sound System

Ma ville trem­ble, ma ville est malade
De Bon­n­eveine jusqu’aux Aygalades.

La grande ville, où je suis né,
Appelée Mar­seille par les Français
Porte de l’Afrique dès l’antiquité
Elle fut con­stru­ite par des immigrés
Depuis bien longtemps elle vit en paix
Dans le respect de toutes les communautés
Mais depuis dix ans, dans la tête des gens,
De drôles d’idées com­men­cent à germer.

Il y a des Arméniens, il y a des Algériens,
Il y a des Tunisiens, il y a des Italiens,
Il y a des Maro­cains, il y a des Comoriens
Ici se trou­ve rassem­blé presque tout le genre humain
La cité a été bâtie grâce à ces mil­lions de mains
Tout le monde vit sa vie et beau­coup s’y trou­vent bien
La cul­ture de ce pays qu’on appelle Occitanie
A tou­jours su inté­gr­er les gens de tous les pays
Vous n’êtes pas oblig­és de croire tout ce que je dis
Mais je reprends mon argu­ment, je développe, je poursuis.

Les gens venus de partout qu’on appelle immigrants
Nous en avons pour voisins, cer­tains sont nos grands-parents
Ils font leur bout de chemin et un jour ont des enfants
D’adorables chéru­bins avec leurs jolies mamans
Mais vous savez, les enfants ça va tou­jours grandissant
Et voilà qu’un beau matin le bam­bin fête ses trois ans
Il va nous par­ler enfin, toute la famille attend

Il ménage son effet, en fait il prend tout son temps
Il ouvre la bouche et dit, « maman j’ai faim » avec l’accent
Et pourtant…

Tous les samedis au Stade Vélodrome
Tous les sup­port­ers s’écri­ent comme un seul homme
« Allez l’O.M. ! On est tous avec toi
Allez l’O.M. ! Les Mar­seil­lais seront tou­jours là ! »
Pour qu’une équipe fonc­tionne, il faut qu’elle soit soudée
Et ça, je crois bien que per­son­ne ne peut le contester
Le jeu ouvert, c’est bien mieux que de s’enfermer
Si c’est pas clair, degun ne peut s’y retrouver.
Mon­sieur le Maire c’est à vous que je viens parler
C’est d’un repère dont ont besoin les Marseillais
Respirez l’air, je crois bien qu’il est pollué
Dos à la mer nous ne pou­vons plus reculer
Alors lançons un grand débat, par­lons d’identité
Mon­trons à tous ces pébrons que nous savons ce que c’est
La Provence a des valeurs, j’ai dit l’hospitalité
Oublions le doute et la peur, c’est de l’a­vant qu’il faut aller.
Et pourtant…

1re, 2e, 3e, 4e, 5e génération
Nous avons tous gran­di autour du même Lacydon
1re, 2e, 3e, 4e, 5e génération
Nous allons tous au stade chanter les mêmes chansons
1re, 2e, 3e, 4e, 5e génération
Mar­seille a des prob­lèmes, ensem­ble on a les solutions
1re, 2e, 3e, 4e, 5e génération
Si l’on aime notre ville, ensem­ble dis­ons non au Front.

Source : Ma ville est malade, extrait de l’al­bum Aïol­ly­wood, Mas­sil­ia Sound Sys­tem (1997).


Auteur/autrice : Lafontanelle

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