Public Eye People’s Awards : And the winner is…

La grand-messe annuelle de Davos est l’oc­ca­sion depuis l’an 2000 d’une remise de prix et d’une céré­monie un peu par­ti­c­ulière… En marge du ban­quet des puis­sants sont décernés des trophées aux entre­pris­es… les plus irre­spon­s­ables de la planète ! “Con­tre-som­met cri­tique du ren­dez-vous annuel du World Eco­nom­ic Forum (WEF) à Davos”, les Pub­lic Eye Peo­ple’s Awards sont l’oc­ca­sion pour tout citoyen de vot­er à cette occa­sion pour élire l’en­tre­prise qui sera primée dans le Hall of Shame…

Sur les rangs, pour cette édi­tion et en bonne place, fig­ure Are­va, la multi­na­tionale “française” du nucléaire, mais égale­ment Glen­core Inter­na­tion­al AG, Bay­er Crop­Science, Dole, Hol­cim et enfin Erdöl-Vere­ini­gung Union Pétrolière. À vous de choisir “The Win­ner” !

Un manager un peu gonflé

Les Pub­lic Eye Peo­ple’s Awards

Avec les Pub­lic Eye Awards, la Déc­la­ra­tion de Berne (DB) et Pro Natu­ra organ­isent le con­tre-som­met cri­tique du ren­dez-vous annuel du World Eco­nom­ic Forum (WEF) à Davos. Nous mon­trons ain­si aux acteurs de l’économie mon­di­ale que les con­séquences sociales et envi­ron­nemen­tales de leurs pra­tiques com­mer­ciales ne touchent pas que les vic­times de ces préju­dices, mais qu’elles affectent aus­si la répu­ta­tion de leurs entre­pris­es. Les agisse­ments des sociétés les plus irre­spon­s­ables de l’année sont ain­si sanc­tion­nés, alors qu’une entre­prise est récom­pen­sée par un prix positif.

De quoi s’agit-il ?

Avec la libéral­i­sa­tion du com­merce, le pou­voir des multi­na­tionales s’est accru de manière ver­tig­ineuse. Les lois ne suiv­ent plus et les déc­la­ra­tions d’engagement volon­taire des entre­pris­es ne soignent en fait que leur image. Qu’il s’agisse de brevet­er des médica­ments essen­tiels ou d’exploiter sans scrupules des matières pre­mières, ou des tra­vailleuses, la rapac­ité des Glob­al Play­ers réu­nis à Davos n’a pas de lim­ites. Dans ces con­di­tions et plus que jamais, nous exi­geons des multi­na­tionales qu’elles assu­ment leurs respon­s­abil­ités sociales et écologiques.”

Dans la caté­gorie “Pub­lic Eye Glob­al Awards” : Areva 

Saviez-vous que le sida peut s’attraper par con­t­a­m­i­na­tion radioac­tive ? Non ? C’est pour­tant ce que peut laiss­er croire le groupe nucléaire français Are­va, dont les médecins du tra­vail diag­nos­tiquent le virus mor­tel chez des mineurs atteints de can­cers… Cela se passe dans le nord du Niger, où Are­va extrait de l’uranium par l’intermédiaire de deux com­pag­nies dont elle est l’actionnaire majori­taire : Somaïr et Com­i­nak. La rai­son de ces diag­nos­tics fan­tai­sistes est sim­ple : l’entreprise française ne veut pas pren­dre en charge les soins dont ses anciens employés ont besoin.

Alors que des analy­ses ont démon­tré la con­t­a­m­i­na­tion radioac­tive de l’air, de l’eau et des sols et que du matériel con­t­a­m­iné est entre­posé à ciel ouvert, les mineurs et leurs familles sont insuff­isam­ment infor­més sur les risques de san­té liés à l’extraction de l’uranium. Si cela était con­nu en Suisse, on pré­sume que per­son­ne ne serait indif­férent à ce que le com­bustible util­isé dans les cen­trales nucléaires de Müh­le­berg et de Gös­gen soit fourni, au moins en par­tie par les mines d’Areva…

Un com­porte­ment irresponsable

Au Niger, la pro­duc­tion totale d’électricité serait à peine suff­isante pour pré­par­er un repas chaud par per­son­ne et par jour. Ceci, bien que le Niger soit un des pays les plus rich­es au monde en gise­ments d’uranium ! Car les richess­es du Niger prof­i­tent essen­tielle­ment à des sociétés étrangères et le pays reste un des plus pau­vres du monde. Le con­sor­tium Are­va y extrait de l’uranium depuis près de 40 ans et a fait con­stru­ire deux villes au coeur du désert pour loger les mineurs et leurs familles. Arlit et Akou­ta comptent aujourd’hui au total 80000 habi­tants, qui béné­fi­cient des soins gra­tu­its d’un hôpi­tal établi par le groupe minier. Ils en ont bien besoin… Les con­di­tions de sécu­rité à la mine sont cat­a­strophiques et les procé­dures de décon­t­a­m­i­na­tion d’une nég­li­gence coupable : ain­si les tra­vailleurs sont priés de laver eux-mêmes leurs habits de tra­vail à domi­cile. Des mil­lions de tonnes de déchets radioac­t­ifs sont stock­és à l’air libre, des gaz radioac­t­ifs rejetés dans l’atmosphère, et de la fer­raille con­t­a­m­inée est mise sur le marché… Les analy­ses effec­tuées entre 2003 et 2007 par la Com­mis­sion de Recherche et d’information Indépen­dantes sur la Radioac­tiv­ité – la CRIIRAD — démon­trent la con­t­a­m­i­na­tion radioac­tive des eaux, de l’air et des sols, ceci pour plusieurs généra­tions encore. Are­va le sait mais ne fait rien.” (…)

Lire l’in­té­gral­ité du rap­port sur Areva
Les autres nom­i­na­tions : site de la Déc­la­ra­tion de Berne
Source : Le Pub­lic Eye
Illus­tra­tion : Un man­ag­er un peu gon­flé, The Pub­lic Eye Awards


Auteur/autrice : Lafontanelle

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