Sarkozie An I : le règne des technocrates est arrivé !

Pre­mière­ment, c’est pas le jour, parce qu’aujourd’hui rien à dire, c’est dans la rubrique et c’est comme ça. Deux­ième­ment, c’est pas le jour, parce que la Roy­al coule et que la gauche prend l’eau. Troisième­ment, c’est pas le jour parce qu’une bou­ton­neuse à lunettes vient de me saper ma journée avec son arro­gance bien mise de fonc­tion­naire pré­fec­torale.

Demande d'asile : les étapes de la procédure

D’ailleurs, rec­ti­fions d’emblée le tir, ce n’est ni à cause de ses cratères, ni à cause de ses lunettes que je l’ai mau­vaise, non. Ce n’est pas plus parce qu’elle est fonc­tion­naire ou tra­vaille à la pré­fec­ture d’Eure-et-Loir, que nen­ni !

C’est sim­ple­ment que la dame se sent pro­prié­taire des dossiers admin­is­trat­ifs qu’elle est cen­sée délivr­er au pub­lic, et que cela m’exaspère !

Ces dossiers sont des for­mu­laires imprimés vierges de toute men­tion par­ti­c­ulière, mais voilà que main­tenant il faut don­ner son empreinte dig­i­tale (et mon­tr­er pat­te blanche sans doute… Je sais, c’est de mau­vais goût…) pour retir­er un dossier logique­ment disponible sur sim­ple demande.

C’est tout sim­ple­ment hon­teux et indigne du pays qu’un Français se voie refuser l’accès aux doc­u­ments publics de son admin­is­tra­tion, même et surtout si c’est pour aider un étranger à régu­laris­er sa sit­u­a­tion. Au demeu­rant, dans mon méti­er d’écrivain pub­lic l’accès à ce type de doc­u­ment m’est indis­pens­able si je veux pou­voir ren­dre un ser­vice de qual­ité… Mais cette notion doit être… étrangère à la fonc­tion­naire.

Mais il faut le dire si ça la fait chi­er de boss­er un lun­di, c’est parce qu’elle a pas pu faire le pont qu’elle est de méchante humeur la vieille ?

Oh, le non rem­place­ment d’un fonc­tion­naire sur deux… Putain c’que cette idée me parait bonne d’un coup ! On a le droit de les choisir ???

Auteur : Lafontanelle

Hylotrupes bajulus les soirs de pleine lune...

4 réflexions sur « Sarkozie An I : le règne des technocrates est arrivé ! »

  1. SARKOZY ÉLU, LE COMBAT CONTINUE (Com­munqué RESF, 6 mai 2007)

    L’ex-ministre de l’Intérieur dont l’action à l’encontre des familles sans papiers d’enfants sco­lar­isés et de jeunes majeurs sans papiers sco­lar­isés lui avait valu le titre de min­istre de la Chas­se à l’enfant a été élu (…) Prési­dent de la République. Le RESF en prend acte.

    Pour autant, élu au terme d’une cam­pagne large­ment empreinte d’une dém­a­gogie rival­isant avec celle du Front nation­al, M. Sarkozy ne saurait con­sid­ér­er que son score lui vaut autori­sa­tion de pra­ti­quer la chas­se sans frein aux familles sans papiers, aux enfants et aux jeunes majeurs. La sol­i­dar­ité avec les familles et les jeunes majeurs sans papiers s’est exprimée tout au long de la cam­pagne (film des cinéastes, affaire de l’école Ram­pal, affaire d’Aubervilliers, procès de Flo­ri­mond Guimard, retour de la famille Raba).

    Les dizaines de mil­liers de familles et d’enfants déboutés de la cir­cu­laire du 13 juin 2006, la dizaine de mil­liers de lycéens sans papiers sont bien présents sur le ter­ri­toire français, certes radiés de l’existence légale mais con­sid­érés comme des élèves comme les autres par leurs cama­rades, leurs enseignants, les par­ents d’élèves et bon nom­bre de citoyens de ce pays. À l’évidence, la ques­tion devra être traitées par le pre­mier gou­verne­ment de M. Sarkozy.

    Les « solu­tions » sug­gérées par le can­di­dat UMP (ces jeunes et ces familles « n’ont pas voca­tion à rester en France » a-t-il répété au long de sa cam­pagne) sont inac­cept­a­bles et inap­plic­a­bles. On espère pou­voir les met­tre au compte de la dém­a­gogie à l’égard des électeurs du Front nation­al, car la mise en œuvre réelle de dizaines de mil­liers d’expulsions de familles sup­poserait des moyens indignes d’un gou­verne­ment démoc­ra­tique.

    Quoi qu’il en soit, même si le nou­veau prési­dent de la République était ten­té de tir­er argu­ment de la majorité qui s’est rassem­blée sur son nom pour essay­er de faire appli­quer des mesures que le sens de l’humanité et les droits de l’Homme et de l’Enfant réprou­vent, le RESF appellerait à s’y oppos­er, fer­me­ment. Les valeurs de celles et ceux qui défend­ent les familles et les jeunes sans papiers méri­tent d’être défendues, quand bien même elles seraient con­damnées par des lois de cir­con­stance et perçues comme minori­taires.

    Le RESF appelle à la pour­suite de toutes les actions entre­pris­es pour empêch­er l’expulsion des familles et des jeunes sans papiers sco­lar­isés. Il demande la régu­lar­i­sa­tion de toutes ces familles et de ces jeunes gens. Il s’élève con­tre les pour­suites engagées con­tre un cer­tain nom­bre de mil­i­tants ren­dus coupables du délit de sol­i­dar­ité.

  2. APPEL AU RASSEMBLEMENT DE BELLEVILLE. Un texte qui dit bien com­ment, par quel bout, nous voyons les choses. (par MR, com­mu­niqué RESF, 6 mai 2007)

    Aujourd’hui comme hier, aux côtés des familles, NOUS SOMMES  !

    Dans nos quartiers, depuis deux ans, la sol­i­dar­ité avec les familles sans-papiers s’est organ­isée. Elle a mar­qué des points en per­me­t­tant la régu­lar­i­sa­tion de plusieurs familles, même si mal­heureuse­ment d’autres n’ont pas eu sat­is­fac­tion. Les sig­na­tures de péti­tion et les rassem­ble­ments, les grèves d’enseignants, le dépôt col­lec­tif des dossiers ont per­mis d’avancer. De nom­breux par­ents enfer­més dans des com­mis­sari­ats ou emmenés en cen­tres de réten­tion ont été ren­dus à leurs enfants parce que nous avons été sys­té­ma­tique­ment présents et nom­breux devant les locaux de la police et de la jus­tice.

    Les rafles poli­cières ont pu par­fois être empêchées, sou­vent gênées ; “l’affaire de l’école Ram­pal” a per­mis de faire con­naître à tout le pays cette inhu­man­ité qui con­siste à cass­er une famille “au nom de la loi” mais aus­si notre capac­ité de résis­tance. Bref nos actions, intens­es et var­iées, menées avec la même énergie que celle que nous employons pour élever nos enfants, aider nos amis, faire de belles choses, ont pu met­tre un frein à l’injustice qui frappe nos voisins.

    Cette lutte a mar­qué des points, il faut la pour­suiv­re. Il est tou­jours néces­saire de mon­tr­er que nos voisins étrangers sont sim­ple­ment nos voisins (par exem­ple, dans les écoles, des par­ents comme les autres, ni plus ni moins) et qu’il n’y a aucune rai­son humaine d’en faire des boucs émis­saires et de les tra­cass­er. Non, il n’y a pas de “prob­lème” de l’immigration, surtout dans un pays qui accueille des immi­grants de façon con­tin­ue depuis plus d’un siè­cle.

    Il y a des prob­lèmes bien réels, dans le monde et ici, de pau­vreté, de manque de droits, d’inégalités. C’est pour les cacher qu’on invente ce “prob­lème de l’immigration” ; et l’État déploie pour ce faire des efforts con­sid­érables, en pro­pa­gande, en moyens policiers. Le résul­tat est de créer de la peur et de la haine, et, pour ceux qui ne deman­dent qu’à vivre en paix là où c’est pos­si­ble, de la souf­france.

    Alors nous con­tin­uons notre com­bat sol­idaire. On nous répète que “la France ne peut pas accueil­lir toute la mis­ère du monde” ? Nous, dans notre Belleville, nous accueil­lons toute la diver­sité du monde et nous en sommes fiers. Nos écoles sont là pour l’enseigner, et pour l’affirmer sur leurs murs avec les couleurs de leurs ban­deroles.

    [Demain], comme chaque deux­ième mar­di du mois, nos voix [seront] là pour le crier. Inlass­able­ment, comme les mères de la Place de Mai qui en Argen­tine, en pleine dic­tature, ont réclamé jus­tice pour leurs enfants — et tous les autres.

    Nous récla­m­ons jus­tice pour les familles — et tous les autres sans-papiers. Aujourd’hui, demain.

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