Sortons le corps enseignant de ses gonds rarement lubrifiés…

Je n’en peux plus, il faut que ça sorte ! Aaaaargh, Coléop­térus Appren­ti­cus lève-toi et sors de ce corps ! Je ne peux plus souf­frir la mau­vaise foi du corps enseignant. Je ne l’ai que trop subie pen­dant toute ma sco­lar­ité chao­tique sans vrai­ment répon­dre, faute de répar­tie con­struc­tive. Ils m’ont assez bour­ré le mou avec leurs leçons de vie alors qu’eux-mêmes ne sont jamais sor­tis de l’é­cole.

De quel droit vous plaignez-vous ? Vous vous foutez de la gueule de qui ?

Le fardeau ?

À la moin­dre réforme, au moin­dre décret vous descen­dez dans la rue nous jeter à la face vos jérémi­ades d’en­fants gâtés. Je n’en peux plus de voir une cer­taine caté­gorie d’en­seignants revendi­quer et pénalis­er les élèves parce qu’on leur cha­touille les priv­ilèges.

Dois-je vous rap­pel­er ces priv­ilèges que sont les 18 heures par semaine et les 16 semaines de vacances pour un salaire supérieur, et de loin, à n’im­porte quel smi­card qui se crève le cul à la chaine ? Ce même smi­card qui vous con­fie l’in­struc­tion de ses enfants et qui se demande tous les matins si son out­il de tra­vail n’a pas été démé­nagé en Chine ou en Slo­vaquie pen­dant la nuit. Quelle vision avez vous de la réal­ité et du quo­ti­di­en de l’ou­vri­er de plus en plus pré­caire ? Quel respect avez-vous pour ces familles bouf­fées par les soucis de la vie quo­ti­di­enne et l’avenir de leurs enfants ?

Vous n’avez, à mes yeux, aucun droit de vous plain­dre, vous les profs de lycée et de col­lège ! Quand on vous demande des heures de sou­tien gra­tu­it pour vos élèves que vous ne pou­vez soi-dis­ant pas assur­er et que dans le même temps vous vous les faites pay­er à titre privé, il y a là comme une cer­taine indé­cence. Vous pour­riez m’agiter sous le nez vos heures de pré­pa­ra­tion de cours ou de cor­rec­tion de copies, invo­quer le change­ment per­pétuel de pro­gramme chaque année que ça ne chang­erait rien. Vous voulez le beurre et l’ar­gent du beurre ? Soit ! Moi je vous refuse le cul de la crémière !

À l’heure où la lutte con­tre l’ab­sen­téisme s’or­gan­ise en réper­to­ri­ant les élèves par codes bar­res et à grands coups de SMS aux par­ents, je pro­pose de vous loger à la même enseigne que n’im­porte quel tra­vailleur. Sans touch­er à vos saintes vacances, je vous don­nerais les vrais moyens de boss­er. Un vrai bureau, une vraie carte de pointage et un vrai droit de fer­mer votre gueule comme n’im­porte quel ouvri­er. Après 18 heures de cours, utilisez donc les 17 qui restent pour cor­riger les copies ou pré­par­er vos cours dans l’en­ceinte de l’étab­lisse­ment.

Il ne fal­lait pas me faire lire Ger­mi­nal sans l’avoir lu aupar­a­vant…


20 réflexions sur « Sortons le corps enseignant de ses gonds rarement lubrifiés… »

  1. Je suis tout à fait d’ac­cord avec toi Gor­don, ils n’ont jamais tra­vail­lé en usine…, ont des régimes spé­ci­aux et ils trou­vent le moyen de se plain­dre.
    En ce qui con­cerne les pro­grammes, faut pas exagér­er, l’his­toire ne change pas, la gram­maire reste la même… alors même si les pro­grammes changent, ils repren­nent les cours de l’an­née d’a­vant. Je sais ce que je dis, j’ai déjà redou­blèe.
    C’est vrai ras le bol de tous ceux qui ont des priv­ilèges et qui se per­me­t­tent de faire grève tout le temps (en même temps, ils peu­vent, ils ont la sécu­rité de l’emploi) et qui font chi­er tout le monde.

  2. Note inutile à l’at­ten­tion bien­veil­lante des vis­i­teurs inter­loqués par tant d’élo­quence orale en un lieu si peu prop­ice à la réflex­ion ver­bale tout autant qu’à la génu­flex­ion des deux yeux :

    Qui n’en a marre dit c’qu’y pense et pis c’est tout ! 😉

  3. Pour ceux qui n’ont pas lu Ger­mi­nal, écoeurés qu’ils étaient par leurs enseignants, je rap­pelle que ça racon­te une grève du genre enseignante qui ter­mine sous les balles de la troupe…Il est vrai que les blogs du genre de celui-ci n’ex­is­tait pas à cette époque pour faire le sale boulot.

  4. Et pourquoi “genre enseignante” la grève racon­tée par “Ger­mi­nal” ? Les pro­tag­o­nistes avaient de vraies raisons de se lever et dire “non” il me sem­ble. Ces gens n’avaient rien…

    J’es­time qu’il n’y a pas vrai­ment de simil­i­tudes entre le con­flit ouvri­er décrit par Zola et les pris­es régulières d’o­tages enseignantes et une fois sur deux intem­pes­tives…

    Les profs de lycées et col­lèges on bcp plus que la plu­part… Il faut être député pour avoir mieux…

  5. Gor­don je t’adore.…
    et dire que je tra­vaille avec le corps enseignant…
    Des juristes de sur­croit!!! Les pires de tous…
    J’ai l’im­pres­sion qu’ils ne sont jamais sor­tis des bancs de l’é­cole… Totale­ment décalé de la réal­ité..
    Des fois je me dis que j’ai bien fait de ne pas faire d’é­tude car j’au­rai pu devenir aus­si con.…
    Vive les sans diplômes!!!

    et viva LAFONTANNELLA !!!!!!
    (tiens j’ai pris un accent là.. Gor­don sors de ce corps)

  6. Ca me fait tou­jours rire les per­son­nes qui croient qu’en cas­sant du sucre sur une caté­gorie pro­fes­sion­nelle ils vont, eux même, vivre mieux.
    Per­son­nelle­ment, je préfère con­cen­tr­er mon énergie à amélior­er mes con­di­tions de tra­vail que de regarder chez le voisin voir ce que je pour­rais lui faire pour que ses con­di­tions de tra­vail soient plus mau­vais­es.
    Ouvri­er aus­si, le salaire du patron, les oblig­a­tions de rentabil­ité des actions demandées par les fonds de pen­sion m’en­nuient cent fois plus que les reven­di­ca­tions des profs. Que les profs soient au tra­vail, absents… ils ne représen­tent pas une men­ace pour mon emploi ; les fonds de pen­sions eux : oui.

    R2
    Ce n’est pas parce que le voisin ne pour­ra plus manger de caviar que toi même tu en mangeras.

  7. Ravi de vous avoir fait rire r2, c’est tou­jours ça de pris…

    Mes con­di­tions de tra­vail n’ont rien de désa­van­tageuses et je ne m’en plains en rien. Ce qui me per­met de réa­gir face à ce genre d’évène­ments car j’es­time que le corps enseignant dis­pose d’au­tant d’a­van­tages voire même plus. Aucune jalousie de ma part mais de l’ex­as­péra­tion…

    Par ailleurs, je ne suis pas si sûr que l’ob­ten­tion d’ “un vrai bureau” équipé comme il se doit ou une “vraie carte de pointage” con­stituerait en soi une dégra­da­tion des con­di­tions de tra­vail pour nos chers enseignants… Je ne veux pas non-plus les tuer à la tâche les pau­vres. Je suis juste curieux de voir ce qu’il se passerait si ils tra­vail­laient 35h par samaine sur place en Fac, au lycée, au col­lège.

    Je pense même qu’en étant sur place, les pro­fesseurs seraient plus disponibles pour les élèves en dif­fi­culté la journée, et pour leurs familles en soirée.

    Enfin, Il est vrai qu’au­cune men­ace ne plane sur votre emploi si un enseignant est absent… Peut-être une sur l’in­struc­tion de vos enfants.

    Seules les idées fix­es nous font bouger.”

  8. Mouais Gor­don… Ce que tu dis ressem­ble plus à un règle­ment de compte à un ou 2 profs qui t’ont fait chi­er pour en faire une général­ité.
    Pour le reste, je pense que le débat est trop vaste et que ni toi, ni moi n’ayons vrai­ment un avis objec­tif sur ce qu’il devrait être fait.

  9. Que voilà un avis sen­sé R2, même si je pense que notre ami Gor­don trou­verais à y redire.
    Et c’est d’ailleurs le but de son bil­let, sus­citer le débat même s’il ne peut apporter seul “la” solu­tion.
    See you soon R2 😉

  10. C’est un peu comme en ce moment avec les prési­den­tielles, on com­mence par le cas par­ti­c­uli­er pour arriv­er à une espèce de con­clu­sion générale.
    Et quand on voit les solu­tions qu’on nous pro­pose… aïe ! aïe ! aïe !
    Début des résul­tats, dimanche ! 😉

  11. Comme le dis­ait si juste­ment le poète : “Nous ne sommes pas là pour Paul et Mick­ey…”

    Mais quand même, sec­ouons encore un peu le cocoti­er…

    Je me suis posé une ques­tion ce week­end : Que pour­raient bien faire les profs d’EPS pour s’oc­cu­per un peu le reste de leur semaine ?

    Après un temps de réflex­ion assez court pour un dimanche, mon idée fut la suiv­ante : Pourquoi ne pas instau­r­er, dans le cadre d’un cours d’é­d­u­ca­tion physique une séance d’une heure par semaine de cours de nutri­tion et diété­tique ?

    Édu­quer à bien manger me parait cap­i­tal à l’heure où on con­state une mon­tée de l’obésité ou du sur­poids des 15 – 25 ans.

    En France, nous sommes très forts pour fustiger l’embonpoint d’outre-atlan­tique ! Nous sommes aus­si les pre­miers clients de Mac Don­ald’s en Europe (plus d’un mil­lion de clients par jour !). Par ailleurs, le kebab se vends très bien aus­si chez les jeunes…

    Au même titre que l’é­d­u­ca­tion à l’en­vi­ron­nement, je pense que l’é­cole pour­rait relay­er aus­si le “Mangez, bougez !” qui accom­pa­gne nos pages de pub depuis un mois dans l’au­dio­vi­suel…

  12. Hal-lu-ci-nant !

    Bon­jour l’in­tolérance (mère de toute dic­tature rap­pelons-le!), et la dés­in­for­ma­tion ! Pour ta gou­verne, sache, cher Gor­don, que le salaire des enseignants (que ce soit prof des écoles ou profs lycée-col­lège, ils ont niveau bac +5) est cal­culé sur 10 mois, puis mul­ti­plié par 10 et divisé par 12 afin de répar­tir ce salaire sur le total de l’an­née ; alors soit, ça n’est pas un salaire “de smi­card”, mais est-ce une rai­son dans ce cas pour ne pas s’en pren­dre aus­si aux archi­tectes, aux ingénieurs etc etc…Et réclamer le SMIC pour tous??!!= niv­elle­ment par le bas : très intéres­sant… Et quant aux horaires, je peux bien te jur­er que même le + fainéant et le + oppor­tunistes ne peut absol­u­ment pas faire 18h par semaine!! Il y a beau­coup de tra­vail per­son­nel et bcp d’en­seignants n’ar­rivent même pas à stop­per le taf pour avoir une vie per­so sere­ine…
    Cela dit, je t’ac­corde que beau­coup n’ont en effet aucune autre expéri­ence per­son­elle du “vrai” monde du tra­vail ; et j’ai moi-même tra­vail­lé avant durant 3 ans en tant qu’ assis­tante de direc­tion et en inter­im, j’ai donc été choquée de voir les grèves pour les retraites, sachant à quel point les instit’ sont avan­tagés com­paré aux tra­vailleurs du privé…Et il est vrai qu’une expéri­ence de tra­vail dans le privé per­me­t­trait de mieux con­naître les avan­tages et de mieux dis­cern­er les caus­es où il y a lieu de se plain­dre et celles où il paraît logique de faire un “effort nation­al”… 😉
    Bref, il est bien de réa­gir sur des faits de société, mais il faudrait aus­si bien se ren­seign­er avant d’assén­er des pseu­dos vérités soi-dis­ant scan­daleuses!!

  13. Là, Vilaine instit’, tu as été vilaine… Tu l’as vesqué, c’est sûr… 😉

    Gor­don n’ayant pas eu, à ma con­nais­sance, à goûter pour de vrai aux joies et délices du secteur privé, il était logique que son pro­pos soit exac­er­bé par une vision trop par­cel­laire du monde du tra­vail, laque­lle vision rejoint celle d’en­seignants (trop) con­fort­able­ment instal­lés dans leur statut, même si les con­di­tions dans lesquelles ils exer­cent sont par­fois loin d’être con­fort­a­bles…

    Était-ce une rai­son pour le chauf­fer au point qu’il n’ose plus écrire depuis plus d’un mois ???

    À bien y réfléchir, je crois que… OUI ! Allez, ne soyons pas bégueules, on veut bien pren­dre des pains dans la gueule, sinon com­ment pour­rait-on en don­ner…

    Tout cela n’est que sug­ges­tif bien évidem­ment, et quand bien même cela serait trop sub­jec­tif, l’ob­jec­tif reste de repar­tir moins naïf… 🙂

    Je tenais donc à te remerci­er pour cette pointe de diplo­matie et cette mod­éra­tion que tu amènes aux excités que nous sommes. J’ap­pré­cie par­ti­c­ulière­ment, et te cite : “une expéri­ence de tra­vail dans le privé per­me­t­trait de mieux con­naître les avan­tages et de mieux dis­cern­er les caus­es où il y a lieu de se plain­dre et celles où il paraît logique de faire un effort nation­al”.

    Puisse ta sagesse être enten­due au Château…
    (Et ta prose refleurir sur mon écran !) 😉

  14. Bon­jour…

    Non, je ne suis pas spé­ciale­ment vesqué pour répon­dre à mon invertébré préféré… Je lui demandrai d’ailleur de se déten­dre un peu, car il n’est pas nec­es­saire d’être bûcheron pour savoir ce qu’est un arbre…

    -Hein ? Quoi ?? kess ki di ???

    Je dit que même si mon expéri­ence dans le secteur privé est lim­itée (de quoi je me mêle ?), je ne m’empêche pas d’avoir un avis… Et mon délais de réponse quelque soit le com­men­taire et sa nature, il est aus­si libre que moi…

    Donc, ma chère instit’, aus­si vilaine que vous soyez, il ne faut pas croire que je m’emballe sans un min­i­mum de doc­u­men­ta­tion préal­able… Veuillez laiss­er ma gou­verne là où elle est, mer­ci.

    Le cou­plet du salaire annuel cal­culé sur 10 mois et indexé sur 12 ne m’é­tait pas incon­nu puisque très mélodieux… Mal­grès mon oreille musi­cale, ça ne m’at­ten­drit pas le moins du monde surtout quand vous même vous admet­tez que ça n’est pas un salaire “de smi­card”. Vous êtes bien payés toute l’an­née ? oui. Bon alors… La ques­tion n’é­tait pas de con­tester le salaire de cha­cun. Si on com­mence par là, on en sort plus… La preuve, vous sem­blez lorgn­er du côté des pro­fes­sions libérales “aux archi­tectes, aux ingénieurs etc etc ” qui traî­nent plus du côté des 70 heures que des 35 heures de tra­vail… À quoi bon ?

    Finale­ment, je ne demandais pas grand chose out­re le fait d’ar­rêter de chouin­er con­tin­uelle­ment, juste de faire votre tra­vail per­so, sur place au lycée ou col­lège plutôt que chez vous. His­toire de vous met­tre au même niveau que tous et vous ren­dre “une vie per­so sere­ine”. c’est mignon hein ?

    Quant à mon degrès d’in­tolérance et votre alerte à la dic­tature… mer­ci, mais non mer­ci ! Je suis très bien dans mes pom­pes, et je ne vois pas pourquoi je m’empêcherai de m’of­fus­quer quand ça me chante… C’est pas en empêchant les gens de par­ler que la vilaine dic­tature regressera…

    C’est pré­cise­ment ce ton moral­isa­teur que je perçois dans votre con­clu­sion “Bref, il est bien de réa­gir sur des faits de société (etc.). qui m’a tou­jours rebuté et eu ten­dance à me don­ner des bou­tons sur les “bii­i­ip”

    Même si nous ne sommes pas d’ac­cord sur tout, je vous remer­cie, chère instit’ de cette inter­ven­tion “cadeau d’an­niver­saire” (et oui !) Mon hos­til­ité aparente à la mau­vaise foi enseignante n’a d’é­gal que ma com­pas­sion envers ceux qu’on vire à tour de bras ou ceux sous pres­sion qui se sui­ci­dent…

    Je suis sûr qu’au sor­tir de vos deux mois de vacances esti­vales, nous aurons l’oc­ca­sion d’en repar­ler puisque sep­tem­bre s’an­nonce encore mou­ve­men­té…

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