Soutenons la domination du monde !

Denis Robert est écrivain. Il a été jour­nal­iste à Libéra­tion pen­dant douze ans. Il est l’au­teur de deux essais sur Clearstream (“Révéla­tion$” et “La boîte noire” aux édi­tions Les Arènes), ain­si que de deux doc­u­men­taires réal­isés avec Pas­cal Lorent dif­fusés sur CANAL+. Ses accu­sa­tions sur l’opac­ité de Clearstream lui ont valu de nom­breuses pour­suites. Fin jan­vi­er 2006, Denis Robert a à nou­veau été inculpé par la jus­tice lux­em­bour­geoise pour injure, calom­nie et diffama­tion. Cette “incul­pa­tion de trop” est la rai­son de cette péti­tion de soutien.

Concert de soutien au blog de Denis Robert

Le 12 décem­bre 2006 Denis Robert a été mis en exa­m­en pour “recel de vol et d’abus de con­fi­ance par les juges chargés du dossier “Clearstream 2”. Denis Robert qui a été enten­du pen­dant près de dix heures, a été placé sous con­trôle judi­ci­aire avec l’in­ter­dic­tion de voir les trois autres per­son­nes déjà pour­suiv­ies dans ce dossier : Jean-Louis Ger­gorin, Imad Lahoud et Flo­ri­an Bourges.

Lien avec le Comité de Soutien

Denis Robert affirme qu’il con­sid­ère cette déci­sion comme étant “un con­tre-feu allumé par le pou­voir poli­tique”. Il ajoute : “Cette demande de mise en exa­m­en appa­raît comme un con­tre-feu allumé par le par­quet et donc par le pou­voir poli­tique”. Le jour­nal­iste explique que c’est “ce recel de vol de secrets de comptes ban­caires” dont on l’ac­cuse aujour­d’hui qui a per­mis de démas­quer la “manip­u­la­tion du cor­beau” (pré­sumé être Jean-Louis Gergorin).

La réac­tion de Denis Robert sur son blog

Le texte de soutien

Réac­tion de Reporters Sans Frontières

Nous sommes inqui­ets de con­stater que ce chef d’in­cul­pa­tion, rarement util­isé, peut l’être à l’en­con­tre d’un jour­nal­iste (…) L’essen­tiel est que le but pour­suivi par le jour­nal­iste d’in­ves­ti­ga­tion était légitime ( …) Si les pro­fes­sion­nels de la presse doivent être pour­suiv­is chaque fois qu’ils sont amenés à entr­er en pos­ses­sion ou à pren­dre con­nais­sance de doc­u­ments qui n’é­taient pas des­tinés à être ren­dus publics, c’est tout le tra­vail du jour­nal­isme d’in­ves­ti­ga­tion qui pour­rait être compromis.”

Le com­mu­niqué sur le site de RSF

Sign­er directe­ment la péti­tion en ligne

Texte de la péti­tion de sou­tien lancée en févri­er 2006 :

Nous citoyens européens soutenons Denis Robert et con­damnons l’acharne­ment des autorités judi­ci­aires lux­em­bour­geois­es à son encon­tre. La lib­erté de penser et d’écrire est une valeur européenne fon­da­men­tale qui prime sur les intérêts ban­caires du Grand-Duché. Sig­na­ture de la péti­tion unique­ment en ligne

Signez la péti­tion pour la Cam­pagne Lib­erté d’Informer

PREMIER APPEL DE SOUTIEN À DENIS ROBERT

Paris, le 3 févri­er 2006. Denis Robert : l’in­cul­pa­tion de trop.

Il s’est passé le 27 jan­vi­er 2006 un évène­ment impor­tant rap­porté ici ou là par une brève d’a­gence : l’in­cul­pa­tion de Denis Robert par la jus­tice lux­em­bour­geoise pour injure, calom­nie et diffamation.

Pour com­pren­dre l’en­jeu de cet acte, il faut faire un peu d’histoire.

En 1996, Denis Robert, ancien jour­nal­iste à Libéra­tion, réu­nit sept grands mag­is­trats anti-cor­rup­tion pour lancer l’Ap­pel de Genève en faveur d’un espace judi­ci­aire européen. Dans la foulée, de nom­breux témoins de la crim­i­nal­ité en col blanc entrent en con­tact avec le jour­nal­iste. L’un d’eux, Ernest Back­es, est un ancien dirigeant de la cham­bre de com­pen­sa­tion Clearstream, un des points névral­giques des échanges financiers mon­di­aux. Ernest Back­es a été l’un des archi­tectes de ce sys­tème infor­ma­tique ten­tac­u­laire. Viré, humil­ié, il a décidé de livr­er ses secrets.

Pen­dant deux ans, au prix d’inces­sants allers et retours au Lux­em­bourg, Denis Robert mène l’en­quête. On lui donne des ren­dez-vous secrets ; les bouch­es s’ou­vrent. Un ancien respon­s­able infor­ma­tique de la firme, Régis Hempel, explique qu’une par­tie de ses activ­ités auraient con­sisté à effac­er les traces de trans­ac­tions sen­si­bles. Denis Robert frappe à la porte des ban­quiers, posant des ques­tions naïves et d’autres un peu moins. Trois mois avant la pub­li­ca­tion de son livre, il envoie une série de let­tres recom­mandées de plusieurs pages, deman­dant des expli­ca­tions à la direc­tion de Clearstream et aux ban­ques mis­es en cause. Très peu lui répondent.

En févri­er 2001, Denis Robert sort son livre, Révéla­tion$ (Les Arènes) et dif­fuse son film Les dis­sim­u­la­teurs dans le cadre de 90 MINUTES, l’émis­sion d’en­quête de CANAL+.

C’est la tempête.

Les jour­nal­istes financiers sont incré­d­ules ou hos­tiles, les autres hési­tent car Clearstream men­ace de procès en cas­cade. A con­tre-courant, la mis­sion par­lemen­taire Peillon/​Montebourg se saisit de l’af­faire et con­voque les témoins.

De peur que l’af­faire se propage à l’é­tranger, une infor­ma­tion judi­ci­aire est ouverte en cat­a­stro­phe au Lux­em­bourg. Toute la direc­tion de la firme est mise à pied et Clearstream est racheté par un groupe alle­mand. Un mois plus tard, le pro­cureur du Lux­em­bourg claironne que tout est réglé et qu’il n’y a rien à chercher.

De cette tra­gi-comédie, Denis Robert tire un sec­ond réc­it, plus per­son­nel, La boîte noire (Les Arènes). Et un sec­ond film, tou­jours dif­fusé par CANAL+, L’af­faire Clearstream.

Fin du pre­mier acte et début du marathon judi­ci­aire. Les plaintes pleu­vent en France, en Bel­gique, en Suisse, et même au Cana­da. Déposées par Clearstream mais aus­si par la banque russe Menatep et la Banque Générale du Lux­em­bourg. L’au­teur reçoit les huissiers à la file. L’édi­teur fait ses comptes : les deman­des de dom­mages et intérêts dépassent son chiffre d’af­faires annuel. Le ser­vice juridique de CANAL+ se lance dans de coû­teux procès. Par­fois David gagne con­tre Goliath.

Au fil des mois, les relax­es se suc­cè­dent en pre­mière instance et en appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procé­dures pen­dantes, toutes les deux en appel : l’une après un juge­ment favor­able à Clearstream (un euro sym­bol­ique), l’autre défa­vor­able à la firme (relaxe de Denis Robert). L’af­faire sem­ble close, mal­gré une trou­blante excrois­sance, durant l’été 2004, lorsqu’un cor­beau affole les milieux de la défense et de la poli­tique avec des list­ings truqués de Clearstream où appa­rais­sent des élus et des respon­s­ables indus­triels et médiatique.

L’his­toire de Denis Robert devient effrayante lorsque, cinq ans après la paru­tion de Révéla­tion$, le jour­nal­iste est subite­ment con­vo­qué par la Jus­tice lux­em­bour­geoise pour être inculpé pour des faits (en l’oc­cur­rence des accu­sa­tions con­tre la Banque Générale du Lux­em­bourg) pour lesquels il a déjà été pour­suivi en France et pour lesquels il a gag­né ses procès en pre­mière instance et en appel. Ces procé­dures n’ayant pas eu l’ef­fet escomp­té, les juges du Grand-Duché ont accep­té de se prêter à une manœu­vre peu honorable.

Denis Robert risque une peine de prison, agré­men­tée de frais d’av­o­cat et une amende aux pro­por­tions lux­em­bour­geois­es. Par une ironie du des­tin c’est juste­ment l’e­space judi­ci­aire européen qu’il a con­tribué à établir avec l’Ap­pel de Genève qui per­met aujour­d’hui à la jus­tice lux­em­bour­geoise d’es­say­er d’écras­er un auteur ayant pub­lié un livre en France.

Dans cette affaire, le Lux­em­bourg — dont le min­istre de la Jus­tice est aus­si min­istre du Tré­sor et du Bud­get — vient de com­met­tre le pas de trop, en affichant sa par­tial­ité. Les citoyens européens peu­vent soutenir Denis Robert en sig­nant une péti­tion sur le site Lib­erté d’Informer.

Péti­tion qui sera adressée à la Jus­tice de ce pays qui fait tant pour dégoûter les démoc­rates de croire en l’Eu­rope. En trans­for­mant l’af­faire Robert en affaire Frieden (le fameux min­istre lux­em­bour­geois de la Jus­tice, du Tré­sor et du Bud­get), chaque sig­na­ture sera un acte civique qui pro­tège la lib­erté de la presse en Europe.

En pour­suiv­ant Denis Robert les autorités lux­em­bour­geois­es ne veu­lent pas seule­ment pro­téger Clearstream qui affiche une san­té inso­lente. Ils cherchent à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir com­ment fonc­tionne le sys­tème financier et la toile d’araignée des par­adis fis­caux. En cela, le Lux­em­bourg a vrai­ment pronon­cé l’in­cul­pa­tion de trop.

Lau­rent Bec­ca­ria, directeur des Arènes ; Franck Eske­nazi, directeur de The Fac­to­ry ; Paul Mor­eira, directeur du mag­a­zine 90 MINUTES sur CANAL+

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Auteur/autrice : Lafontanelle

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